D’après un rapport de l’agence Santé Publique France, les patients atteint d'une maladie mentale meurent plus jeunes : une population plus fragile et moins bien prise en charge.

Dans un hôpital psychiatrique de Haute-Savoie
Dans un hôpital psychiatrique de Haute-Savoie © Getty / AMELIE-BENOIST /BSIP

L'agence Santé Publique France ( nouveau nom de l'Institut de Veille Sanitaire) publie ce mardi une étude sur la mortalité des personnes atteintes d'une maladie mentale.  Le bilan chiffré de cette enquête menée entre 2010 et 2013 sur tout le territoire (Dom compris, sauf Mayotte) affiche une surmortalité pour ces patients : ils meurent plus jeune, surtout- et c'est ce qui surprend - à cause de causes "naturelles", comme des maladies cardiovasculaires et respiratoires. 

En plus des troubles mentaux, un mauvais suivi de la santé en général

Chez ces patients atteints de maladie mentale, on traite leurs troubles spécifiques, mais on délaisse souvent les autres suivis : ils sont, pourtant, davantage sujets à une mauvaise alimentation, à des consommations plus intensives d'alcool ou de tabac, mais bénéficient moins, par exemple, d'aide au sevrage.

Environs 10% des décès sont pourtant attribués à des patients atteints de maladie mentale, avec une part légèrement plus importante pour les hommes (49% contre 48% pour les femmes), qui meurent aussi plus jeune dans cette catégorie ( 68,9 ans en moyenne contre 72, 4 ans quand aucune maladie mentale n'est mentionnée). Les femmes, atteintes de troubles mentaux, meurent au contraire légèrement plus âgées (81,6 ans contre 80,2 quand aucun trouble n'est signalé).

Les troubles cardio-vasculaires, première cause des décès

Ce n'est, contrairement aux idées reçues, pas le suicide qui arrive en tête des causes de décès chez les patients atteints de troubles mentaux, mais bien les troubles cardio-vasculaires (27,3%), suivi des cancers (18,1%). Le suicide est bien évoqué, mais à la troisième place : 11,1% des malades atteints de troubles mentaux y ont recours, et ce sont en général plutôt des femmes (32,1% des cas de décès par suicide dans cette catégorie). 

Dans le relevé des décès par suicide en général en France, 40% font état de troubles mentaux chez les auteurs de ce geste. 

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