Il n'existe pour l'instant aucune donnée précise sur le nombre de ces médicaments falsifiés ni sur d'éventuels décès qu'ils auraient causé en Europe mais"ils circulent" confirme Marc Gentilini, coauteur d'un rapport alarmant de l'académie Nationale de Médecine sur le sujet.

Vente en ligne

Les pays développés"se croyaient à l'abri" mais "brusquement" , les médicaments falsifiés ont fait leur apparition , poursuit le professeur Gentilini. De fausses plaquettes d'Herceptin, un anti-cancéreux avaient été retrouvées en 2014 en Allemagne, en Finlande et au Royaume-Uni. La France est pour l'instant épargnée , aucune contrefaçon n'ayant été découverte dans le circuit des officines pharmaceutiques. Mais la profession s'inquiète des dangers de la vente sur internet . La distinction entre les sites légaux et ceux qui ne le sont pas n'est pas toujours aisée.

Près de deux tiers des médicaments vendus sur des sites non légaux n'ont pas la qualité requise. Gaëtan Rudant, directeur de l'inspection de l'agence du médicament

Réunis ce mardi à Paris, des experts de l'Organisation Mondiale de la Santé, de l'agence du Médicament, de l'Ordre des Médecins ont réclamé une politique de prévention et de répression à l'échelle internationale. Le professeur Gentilini souligne l'intérêt des mafias pour ce genre de trafic. Ce commerce est "plus rentable" et "moins pénalisant" que celui de la drogue, précise t-il.

Vaccins et antibiotiques

Au niveau mondial, toutes les classes de médicaments sont désormais concernés selon l'OMS. Les contrefaçons sont parfois totales, parfois les molécules sont les bonnes mais le produit est de moindre qualité. L'OMS a déjà lancé plusieurs alertes contre de faux vaccins contre la fièvre jaune, la méningite ou encore de fausses pilules de traitement contre l'hépatite C . Le problème touche également les antibiotiques , les médicaments contre le paludisme, les contraceptifs, le paracétamol.

Aucun bilan fiable n'existe à ce jour sur les décès liés à la consommation de ces médicaments. Selon Wilfried Rogé, de l'Institut de recherche anti-contrefaçon des médicaments (IRCAM), les estimations vont de 700 000 à deux millions de morts par an dans le monde.

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