Neuf-cents personnes au lieu de mille étaient réunies lundi soir pour le meeting de Rachida Dati, en raison des mesures annoncées par le gouvernement face au coronavirus. Les militants sont unanimes : ce n'est pas un virus qui va les empêcher de soutenir leur candidate à la mairie de Paris.

L'épidémie de coronavirus n'a pas découragé les militants de Rachida Dati.
L'épidémie de coronavirus n'a pas découragé les militants de Rachida Dati. © Radio France / Louis-Valentin Lopez

Le Covid-19 ne sera clairement évoqué derrière le pupitre lundi soir qu’en début de meeting. Par Christian Jacob, chef du groupe Les Républicains à l’Assemblée, qui rentre sur scène sous les vivats des militants : "Ravi que vous soyez là, que vous ayez bravé le coronavirus !", lance-t-il d’emblée. "Et merci de respecter les consignes qui nous sont données par nos médecins et par les professionnels de la santé". Applaudissements soutenus dans la salle Gaveau, dans le 8ème arrondissement de Paris. Où neuf-cents personnes au lieu de mille sont présentes, journalistes compris, en accord avec les nouvelles mesures de restriction du gouvernement.

"À choisir, j’aurais plutôt raté le Club Med que le meeting"

"Ce matin j’étais dans la piscine du Club Med, donc je vis normalement". Ça c’est sûr, ce n’est pas une épidémie qui va empêcher Annie, co-listière de la liste LR dans le 11ème arrondissement, de venir soutenir Rachida Dati : "À choisir, j’aurais d’ailleurs plutôt raté le Club Med que le meeting". Elle est plus précautionneuse lorsqu’on en vient à sa vie privée : "j’ai arrêté les séances chez mon kinésithérapeute, il vaut mieux éviter les massages." Annie a aussi cessé de faire appel à sa femme de ménage : "elle rentre dans mon intimité et va chez beaucoup de personnes âgées. Si jamais elle l’a… elle fait tout mon appartement, c’est risqué."

Annie était certaine que Rachida Dati n’annulerait pas son meeting, car elles ont les "mêmes convictions". Une "battante", une "guerrière"… ce sont les mots qui reviennent souvent dans la bouche des militants réunis salle Gaveau pour décrire leur championne. "Je pense que Rachida est une femme très énergique, rien ne lui fait peur, même pas le coronavirus", estime Danny, militante de bientôt 80 ans, qui a glissé un masque dans son sac "à tout hasard". Même son de cloche du côté de Patrice, supporter de longue date : "Elle arrive à rassembler contre vents et marrées, contre tous les oiseaux de mauvaise augure… et contre le coronavirus !"

Du gel hydroalcoolique au cas-où il faut serrer des mains

Patrice aussi est venu sans hésitation, mais avec quelques précautions : "J’ai mis du gel hydroalcoolique au cas-où j’ai besoin de serrer des mains ou des choses comme ça. Les meetings, ce sont des endroits où on croise beaucoup de monde qu’on connait…" N’a-t-il pas d’ailleurs pas peur de serrer la poigne d’une personne infectée ? "Il ne faut pas céder à la panique ! Tout est un lieu à risque, le supermarché, les transports en commun…" Même s’il y concède qu’il y serre moins de mains. Pas de panique mais un peu de vigilance tout de même du côté de Dominique, co-listière à Paris centre "prudente, mais pas complètement sur la défensive."

(Un peu) moins de monde que prévu

Monique regrette elle qu’il n’y ait pas un peu plus foule : "Il y a normalement beaucoup plus de monde qui aurait dû y assister, mais bon… Elle a respecté les instructions Rachida, on est neuf-cents."

Et parfois, lorsque le micro se tend, les esprits s’échauffent. "C’est ça la France, tu mets un masque on te demande si t’es malade, qu’est-ce qu’ils sont cons !", entend-t-on dans la file, car beaucoup de militants estiment que ce n'est pas le sujet. Mais Sonia interpelle : elle ne porte pas un, deux, mais trois masques superposés. "Souvent les gens toussent et j’ai de la fièvre", explique la trentenaire. "Donc je mets ça parce que dès que je l’enlève, je retousse. Mais là je ne tousse pas en ce moment !" Nous voilà rassurés...

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.