Paris compte 20 cimetières, 14 intramuros et 6 dans les villes limitrophes. Et dans ces cimetières c'est la crise du logement : plus de place pour vous, les futurs nouveaux morts. Depuis sa création la capitale a toujours eu du mal à gérer ses défunts....Petite histoire des cimetières et autres catacombes.

Depuis toujours, Paris manque de places pour enterrer ses morts.
Depuis toujours, Paris manque de places pour enterrer ses morts. © AFP / PATRICK KOVARIK

Si vous êtes Parisiens et que vous souhaitez le rester pour l'éternité, il est plus que temps de vous en inquiéter car il n'y plus de place dans les cimetières de la capitale. Chaque année on ouvre 171 concessions pour 5 000 demandes, 

Cette question de la gestion des cadavres a, depuis la création de la ville, toujours posé problème : que faire des morts ? Dans l'antiquité, les défunts étaient généralement incinérés. Le développent et la pratique du christianisme a généralisé l'enterrement.  Progressivement, dans la capitale, on doit commencer à imaginer des lieux pour mettre les morts. L’archéologie montre qu'avant l'époque Chrétienne, les nécropoles étaient à l'extérieur des cités. 

Les cadavres des parisiens étaient entassés au centre de Paris

Pour Paris, l'exemple le plus connu est celui des catacombes. Pendant des siècles, les cadavres des parisiens étaient entassés au centre de ville. Le cimetières des Saints innocents pose pendant des centaines d'années les problèmes sanitaires que l'on peut imaginer. On enterrera longtemps ces millions d'os dans d'immenses fosses puisque le petit cimetière ne peut plus les contenir. Finalement au 18e siècle, on ferme ce lieu et on enfouit les ossements dans les catacombes, encore visitées aujourd'hui.  

Quand les morts entrent dans la cité

Le cimetière tel qu'on le connait aujourd'hui, est créé avec le christianisme. Progressivement, les tombes sont placées à proximité des églises et donc dans les villes. Au départ, on met même certaines tombes dans les églises. Par la suite, on réserve une zone spécifique aux cimetières, un lieu de culte totalement dédié aux morts, avec des allées, des arbres... Dans les églises, on trouve encore des os un peu partout, dans les toits, sous le sol.... C'est seulement au 19e siècle, qu'on cessera d'enterrer les morts dans les lieux de culte. 

Les cimetières s'éloignent des villes

Petit à petit, les cimetières sont repoussés dans les faubourgs. La majorité des Français, les plus pauvres, sont enterrés dans des tranchées collectives : les fosses communes. C'est aussi après la révolution que sont créées les premières concessions qui seront commercialisées et c'est à la même époque que sont construits les grands cimetières parisiens le Père Lachaise, Montparnasse, Montmartre. Plus grands plus pratiques, ils permettent d'organiser cet espace dédié aux défunts de manière plus rationnelle et moins nocives d'un point de vue sanitaire pour les vivants.

Organiser cet espace dédié aux morts

À force de développement et d'urbanisation des faubourgs parisiens, les 14 cimetières de cette époque se retrouvent aujourd'hui dans Paris. Six autres sont construits autour de la ville, également gérés par la capitale.  

Des cimetières aujourd'hui saturés. Pour prendre l'exemple du Père Lachaise, le plus grand de Paris, seule une dizaine de places se libèrent chaque mois. Pour pouvoir y être enterré, il faut donc être inscrit sur une liste d'attente... des morts.

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