Contre la montre : L’épreuve de vérité

Un siècle de vélo en chansons
Un siècle de vélo en chansons © Wolber
Le contre la montre, c’est LE moment de vérité du coureur cycliste. Le premier « CLM » du Tour remonte à 1934 et depuis, l’épreuve s’est souvent jouée sur cet exercice. Le coureur est seul face au parcours de l’étape. Pas de stratégie d’équipe, pas moyen de s’abriter du vent derrière les autres, ou derrière les voitures de la caravane. Il faut gérer la distance et la fatigue qui survient vite si on évalue mal l’effort à répartir. La plupart des grands vainqueurs du Tour sont au minimum des très bons spécialistes de cet effort solitaire qui a inspiré photographes et peintres. **Blondin : LE chantre du Tour** Sans Antoine Blondin, le Tour de France ne serait peut être pas devenu l’évènement sportif et populaire qu’il est aujourd’hui. A l’époque où même la TSF ne pouvait pas, techniquement, rendre compte en temps réel des exploits des coureurs, les amateurs n’avaient que les journaux pour savoir ce qui se passait sur les routes. Et les chroniques de Blondin étaient pour eux l’occasion de tout savoir, même ce qui ne s’était pas vraiment passé ! Antoine Blondin a suivi pour le journal « L’Equipe » pas moins de 27 Tours de France. **Célébrités : Quand le Tour inspire Mercury** _« Mon mari m’a initiée au Tour de France »_ déclarait l’année dernière Carla Bruni, épouse du Président Nicolas Sarkozy. Comme des millions de spectateurs dans le Monde, les célébrités de tous les milieux n’échappent pas à la fascination du Tour. Ainsi Freddie Mercury, en vacances en France a-t-il écrit « Bicycle race » en regardant passer les coureurs. Et ça donne un succès sur l’album « Jazz » de 1978 sur lequel on trouve aussi l’autre hit « Fat bottomed girls ». Pour fêter le succès de l’album, le groupe Queen organise un évènement qui fera scandale en Angleterre : une course cycliste réunissant 65 femmes nues au Wimbledon Stadium près de Londres.
**Les grands champions : Le premier cri du cannibale** Edouard Louis Joseph Mercks a 24 ans en 1969 quand le Tour se court à nouveau par équipes de marques (après un intermède par équipes nationales). Et celui qui sera surnommé "le cannibale" en raison de sa boulimie de victoire, ne laissant que des miettes à ses concurrents comme à ses équipiers va remporter le classement général (maillot jaune), le classement par points (maillot vert) et le classement de la montagne (maillot à pois). Cette victoire sera la première d'une série de 5 (il est le premier à réussirl 'exploit), mais il devient immédiatement pour la Belgique un emblème d'unité nationale. **La chevalerie du Tour : Les forçats de la route en sont aussi les chevaliers** Souffrir ensemble des mêmes maux sur les mêmes routes, ça crée des liens. Et parfois, l’humanité l’emporte sur l’esprit de compétition. Ainsi en 100 éditions, a-t-on vu de nombreux gestes digne de la Chevalerie. Ainsi de la noblesse d’âme de Gino Bartali, gloire vieillissante qui, en 1952, va donner sa roue au futur vainqueur, son grand rival Fausto Coppi dans l’étape Sestrières-Monaco. **Un public de passionnés** Grâce aux télévisions, le Tour entre désormais dans des centaines de millions de foyers (190 chaînes couvrent l’évènement, dont une soixantaine en direct) partout dans le Monde. Pourtant, pour les véritables passionnés, rien ne vaut la présence sur le bord de la route. Chaque année, pour voir passer les coureurs pendant quelques minutes, ils sont 12 à 15 millions sur les bas-côtés. 70% sont des hommes et 20% sont des étrangers.
**La caravane du Tour : un spectacle à part entière** C’est en 1930 que naît la caravane du Tour de France. Et c’est pour financer l’épreuve que son directeur Henri Desgranges en a l’idée : afin d’équilibrer les chances, les coureurs doivent s’aligner en équipes nationales et sont tous équipés des mêmes vélos. Ce qui coûte cher et surtout, les coureurs ne peuvent plus être financés par des marques. D’où l’idée d’offrir aux marques une vitrine longue comme le parcours. Les publicitaires saisissent l’intérêt de la chose et la caravane devient vite un spectacle à part entière. Une étude révèle que 47% des spectateurs viennent en priorité pour la caravane ! Extrait de "Les Petites histoires de la Grande boucle" de Jean-Paul Brouchon (éditions Jacob-Duvernet, 2009) : > Six véhicules constituent la première caravane publicitaire. Menier se distingue avec un camion qui, précédant les coureurs, distribue en tout et pour tout 500 000 bonnets de papier, plusieurs tonnes de tablettes de chocolat ainsi que du chocolat chaud à l'arrivée de chaque coureur.
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