Plusieurs centaines de personnes se sont réunies devant la mosquée de Paris
Plusieurs centaines de personnes se sont réunies devant la mosquée de Paris © maxppp

Trois jours après la mort d'Hervé Gourdel, assassiné en Algérie au nom du groupe Etat Islamique, un certain nombre de responsables religieux musulmans ont manifesté aujourd'hui à l'occasion de la prière du vendredi dans plusieurs villes de France.

"Nous, musulmans de France, disons halte à la barbarie, halte au terrorisme", a expliqué Dalil Boubakeur, le président du Conseil français du Culte Musulman, face à plusieurs centaines de personnes rassemblées devant la Grande Mosquée de Paris. "Ce rassemblement, c'est l'expression forte et vivante de notre volonté d'unité nationale et de notre volonté inébranlable de vivre ensemble", a-t-il ajouté. Plusieurs villes de France comme Villeurbanne, Rezé, Vannes ou Nancy ont accueilli dans la journée des rassemblements sur le parvis de leur mairie, en présence d'élus. A Paris des personnalités politiques, de droite comme de gauche, se sont associées aux hommages.

Aurélien Colly était dans une mosquée parisienne du 19ème arrondissement de Paris :

Les sales Français

Ce vendredi matin, dans le Figaro, des personnalités musulmanes proclament leur solidarité en affirmant, "Nous aussi nous sommes de sales Français" , en référence aux menaces proférées par le groupe Etat Islamique. C'est un peu le pendant au mouvement "Not in my name" lancé de l'autre côté de la Manche.

L'islamologue Ghaleb Bencheikh livre son analyse

Protestations après un sondage du Figaro

Dans ce même Figaro un sondage posait jeudi la question suivante : "Estimez-vous suffisante la condamnation des musulmans de France ?". Après des protestations en interne et sur les réseaux sociaux, le sondage a été retiré.

Pour certains musulmans, cette nécessité à condamner ce meurtre avec plus de vigueur que les autres Français est le signe d'une islamophobie qui ne dit pas son nom.

Le collectif contre l'islamophobie en France, a d'ailleurs décidé de ne pas répondre aux appels à manifester

Les musulmans ne doivent pas jouer le jeu islamophobe, qui consiste à les placer en coupable et suspect idéal, les poussant sans arrêt se justifier par rapport aux agissements de tiers.

L'imam de la mosquée de Bordeaux, Tarek Oubrou, a bien sûr déclaré ce jeudi sur France inter qu'il condamnait ce geste. Il a également prévenu que la mobilisation ne suffirait pas, "Il faut faire un travail en profondeur. Ce n'est pas la mobilisation qui va arrêter ces fous. Ce n'est pas l'affaire des musulmans uniquement c'est l'affaire de tous."

Sur le site Rue89, les internautes et la rédaction ont choisi de tourner en dérision l'injonction à manifester par la formule : "On n'a pas demandé".

Une expression reprise notamment sur Twitter...

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