L'association de consommateurs UFC-Que Choisir a annoncé mardi porter plainte contre neuf fabricants de produits alimentaires, accusés de dissimuler la présence dans leurs produits de nanoparticules, des éléments chimiques potentiellement dangereux.

Des tests ont été menés sur une vingtaine de produits, tous ont révélé la présence de nanoparticules
Des tests ont été menés sur une vingtaine de produits, tous ont révélé la présence de nanoparticules © Maxppp / Thomas Padilla / IP3 Press

Elles sont neuf entreprises à être dans le viseur de l'UFC-Que Choisir : mardi, l'association de consommateurs a annoncé porter plainte contre ces fabricants de produits alimentaires et cosmétiques, qu'elle accuse d'avoir dissimulé la présence de nanoparticules dans certains produits testés. Ces plaintes visent : 

  • Le groupe Casino pour une soupe 
  • Le groupe JDE pour le Maxwell Cappuccino 
  • Mars Chocolat France pour les M&M's 
  • MCCormick (Ducros Mélange Malin Italien) 
  • Colgate-Palmolive (Sanex) 
  • Coty (Gloss Bourjois) 
  • Avène (stick lèvres) 
  • GlaxoSmithKline (Aquafresh) 

Cette plainte est le résultat d'un test mené par l'association sur vingt références de produits, dont tous, sans exception, contiennent des nanoparticules, là où seuls trois l'annonçaient sur l'étiquette. "A 10% de nanos dans un additif, on peut toujours laisser à l'industriel le bénéfice du doute, mais à 30%, 40% voire 100% comme c'est le cas pour six des produits concernés, il peut difficilement prétendre qu'il ne savait pas", explique le communiqué de l'UFC-Que Choisir. 

C'est quoi, les nanoparticules ? 

Comme leur nom l'indique, les nanoparticules sont des particules chimiques dont la taille est infiniment petite. Selon l'association de consommateurs, le rapport entre un mètre et un nanomètre est à peu près celui entre la Terre et une bille. C'est avant tout leur taille qui réunit les nanoparticules sous cette étiquette. 

Car pour le reste, elles peuvent avoir des compositions et des fonctions très différentes.  Il existe d'ailleurs des nanoparticules naturelles, émises par exemple lors d'éruptions volcaniques, qui ne posent aucun problème. Mais d'autres, produites de façon industrielle, sont plus problématiques : il peut s'agir de particules aussi variées que d'aluminium, de zinc, de dioxyde de titane, d'oxyde de fer ou de noir de carbone. 

Leur très petite taille leur permet de modifier les propriétés du produit dont elles sont un additif : comme l'explique une vidéo mise en ligne par l'UFC-Que Choisir, elles peuvent par exemple apporter de la transparence aux produits cosmétiques, ou de la brillance aux bonbons.  

Sont-elles dangereuses ? 

On ne le sait pas exactement. Et c'est cela qui sème le doute. Ce qui est sûr, c'est que ces particules, parce qu'elles sont minuscules, peuvent s'immiscer bien plus facilement que les autres dans notre organisme. C'est le même problème qu'avec la pollution : plus les particules d'air pollué sont fines, plus elles sont dangereuses. De plus, la petitesse de ces particules fait que, à volume égal, elles exposent l'organisme à une plus grande surface que des particules plus grandes.  

Or, leur petite taille les rend aussi beaucoup plus difficiles à étudier, pour tenter de savoir quelles sont leurs propriétés et leurs dangers potentiels. Certains comportements des nanoparticules inquiètent l'UFC-Que Choisir, comme celui de l'aluminium, métal inerte à l'état normal, qui devient explosif quand il est sous la forme de nanoparticules. Autre facteur d'inquiétude : l'exposition de rats à ce genre de particules (via la consommation de dioxyde de titane, utilisé comme colorant) a causé chez les rongeurs des lésions précancéreuses.  

C'est interdit en France ? 

Pas du tout : elles sont soumises aux mêmes règlements que n'importe quel produit chimique, et donc que leur équivalent de plus grande taille (alors qu'elle n'en ont pas les propriétés).  

En revanche, la loi française oblige parfois les fabricants à indiquer lorsqu'un composant d'un produit contient des nanoparticules. La composition doit porter la mention [nano] à côté du composant concerné. Cette règle est valable pour les cosmétiques depuis juillet 2013, et pour les produits alimentaires depuis décembre 2014. Mais elle est rarement respectée : sur 64 produits testés en 2017 par la DGCCRF qui auraient dû mentionner la présence de particules, un seul le faisait. 

Par contre, cette règle ne s'applique pas aux médicaments, aux peintures, au matériel de sport, etc. Un manque de règlementation qui peut être problématique : selon l'UFC-Que Choisir toujours, plus de 4.000 références de médicaments pourraient aujourd'hui contenir des nanoparticules.  

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