Manifestation contre l'état d'urgence à Toulouse le 30 janvier 2016
Manifestation contre l'état d'urgence à Toulouse le 30 janvier 2016 © MaxPPP / FREDERIC CHARMEUX

Quelques milliers de personnes ont défilé ce samedi dans toute la France pour dénoncer l'état d'urgence et la déchéance de nationalité. Les deux mesures figurent dans le projet de révision constitutionnelle qui sera examiné à partir du 5 février au Parlement.

Ils étaient 5.500 selon la police, 20.000 selon les organisateurs ce samedi après-midi dans les rues de Paris.

Au total, une centaine d'organisations - associations, syndicats et formations politiques - avaient appelé à manifester contre l'état d'urgence et le projet de déchéance de nationalité. Des rassemblements ont eu lieu dans 70 villes de France.

Regroupées dans les collectifs "Nous ne céderons pas" et "Stop état d'urgence", ces organisations réclament la levée immédiate du régime d’exception en vigueur jusqu’au 26 février, que le gouvernement s’apprête à prolonger à nouveau de trois mois. Le projet de révision constitutionnelle doit être examiné à partir du 5 février à l'Assemblée nationale.

Dans un communiqué, les deux collectifs évoque une mesure "qui heurte et met à mal nos libertés au nom d'une hypothétique sécurité" . C'est aussi le point de vue de Clarisse Taron, présidente du Syndicat de la Magistrature.

On a vu "les ratés" de l'état d'urgence, des perquisitions indues (...) par ailleurs, la plupart des mesures de l'état d'urgence peuvent être prises hors état d'urgence.

►►► Clarisse Taron, présidente du Syndicat de la Magistrature

Autre mesure prévue dans le projet de révision constitutionnelle et vivement contestée : l'extension de la déchéance de nationalité pour les personnes "condamnées pour un crime ou un délit constituant une atteinte grave à la vie de la Nation".

Pour calmer les esprits, le Premier ministre, Manuel Valls a promis cette semaine qu'aucune référence à la binationalité ne figurera dans le texte de la révision constitutionnelle , "ni a priori dans la loi ordinaire".

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