Les opposants à la réforme du collège descendent dans la rue samedi pour crier haut et fort leur détermination
Les opposants à la réforme du collège descendent dans la rue samedi pour crier haut et fort leur détermination © MaxPPP

Les opposants à la réforme du collège descendent dans la rue ce samedi pour obtenir l'abrogation d'un texte prévu pour être appliqué à la rentrée 2016. Les rangs de la manifestation s’annoncent fournis.

Baroud d'honneur ou signe d'un profond mécontentement des enseignants ? Les opposants à la réforme du collège descendent dans la rue samedi pour crier haut et fort leur détermination à obtenir l'abrogation d'un texte prévu pour être appliqué à la rentrée 2016. Et ils risquent d’être nombreux.

Cette réforme, pour nous, c’est la fin de l’éducation nationale pour tous

Céline est professeur de français. Elle a déjà fait grève trois fois contre la réforme du collège. Toujours aussi déterminée, elle manifestera à Paris cet après-midi : "Là nous varions les plaisirs : une manifestation le samedi a de bonnes chances de mobiliser plus largement, notamment chez les parents, et peut-être bien au-delà puisque le sujet ne concerne pas que les enseignants, au contraire. Cette réforme, pour nous, c’est la fin de l’éducation nationale pour tous. Avec les 20% d’autonomie qu’auront les établissements, chacun fera sa sauce…Par exemple, pour le latin, on nous a clairement dit que ça n’était pas la priorité".

Céline, professeur de français :

Professeurs, parents, élèves et syndicats côte à côte

L'intersyndicale, forte de 14 organisations dont le Snes, premier syndicat dans le secondaire, et le Snalc, en pointe dans la lutte contre les textes de la rue de Grenelle, "reste déterminée à combattre cette réforme, obtenir son abrogation et la réouverture de discussions sur d'autres bases". De son côté, le Snes bat le rappel et organise des départs en car de plusieurs villes(Amiens, Dijon, Limoges...) vers Paris, d'où partira la manifestation (à Port-Royal), vers 13h0. Parents et élèves ont été appelés par l’intersyndicale à la rejoindre, et les professeurs n'auront pas à renoncer à une journée de salaire comme c'était le cas lorsqu'ils faisaient grève. Outre les syndicats, seront présents dans le cortège l'UNI (organisation étudiante de droite), le Parti de gauche (fondé par Jean-Luc Mélenchon), l'association conservatrice SOS Education.

Le plan de formation des professeurs en question

Tous s'inquiètent du plan de formation pour les professeurs. Une réforme à laquelle l'enseignement catholique (18% des élèves scolarisés en France) a apporté son soutien. La ministre de l’Education nationale, elle, répète inlassablement que cette réforme, prévue dans le cadre de la loi de refondation sur l'école de 2013 et dont les textes ont été publiés au Journal officiel, s'appliquera, dès septembre 2016. Parmi les points phares figurent plus d'interdisciplinarité (cours mêlant par exemple français et histoire), une autonomie accrue des établissements, l'accompagnement personnalisé, une deuxième langue vivante pour tous dès la cinquième mais aussi la disparition d'une grande partie des classes bilangues (qui la démarrent en sixième), la fin des options latin-grec remplacées par des modules langues et culture de l'Antiquité...

Interdisciplinarité et autonomie n’emportent pas l’adhésion des sceptiques

Autant de mesures destinées à "rebooster" le collège et améliorer l'égalité des chances, selon le gouvernement, alors que les études internationales Pisa pointent régulièrement les failles du système français : l'origine sociale d'un élève pèse, plus que chez nos voisins, sur son destin scolaire. Le Snes refuse l'autonomie accrue, qui creusera selon lui le fossé entre "bons" et "mauvais" établissements et qui donnera plus de pouvoir au principal, au détriment de l'équipe pédagogique. Il voit aussi dans l'interdisciplinarité un risque d'amoindrissement des savoirs chez les élèves les plus faibles. Le Snalc, lui, prône de scolariser à part les collégiens les plus faibles dans certaines matières, dans un collège non plus unique mais "modulaire".

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