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écriture © / Laurent Petitprez

Un sondage montre que les parents ne sont pas satisfaits du système de notation actuel dans les écoles. Selon eux, elles prennent trop d'importance et fragilisent la confiance des enfants. Par ailleurs, les parents ont souvent du mal à les décrypter.

Le sondage a été publié aujourd’hui par l’Apel, l’association des parents d’élèves du privé, mais il concerne également l’enseignement public. Les résultats sont sans appel : peu importe le lieu de scolarisation, trois quarts des parents (73%) veulent que les notes aient moins d’importance. Ils sont même 87% à le souhaiter dans les ZEP (les zones d’éducation prioritaires).

Plus de la moitié des adultes (56%) se disent démunis face à une mauvaise note. Ils ont du mal à analyser le système de notation et à comprendre quel élément de l'exercice n'a pas été compris. Dans ces conditions, ils n'arrivent pas à aider leurs enfants pour les faire progresser.

Par ailleurs, 90% des parents assurent être inquiets face à une mauvaise note. Ils sont même 98% en ZEP. Pour les trois quarts d'entre eux, une mauvaise note "fragilise" l'estime de soi de l'enfant et a tendance à le décourager.

A Vic Fezensac (Gers), les 260 élèves du collège Gabriel-Séailles expérimentent depuis cinq ans des évaluations sans note, mais avec un système de couleurs. Ils ont reçu aujourd'hui la visite de la ministre de l'Education najat Vallaud-Belkacem. D'après les premiers résultats, ce serait tout aussi efficace et moins anxiogène.

Pierre Merle est sociologue, spécialiste de l'évaluation

Le gouvernement déjà mobilisé

Samedi, la ministre de l'Education a déjà expliqué être "sensible" au sujet. La conférence nationale présentera ses recommandations dans moins d'un mois. Najat Vallaud-Belkacem estimait que le système des notes "ne repose sur aucun fondement scientifique". En octobre déjà, elle souhaitait mettre en place une nouvelle méthode d'évaluation qui inciterait davantage les élèves à apprendre. Pour autant, elle veut éviter que le débat soit caricaturé et qu'on lui fasse "un procès d'intention en laxisme".

Son prédécesseur Benoît Hamon, lui, avait refusé de remettre en cause le système actuel mais s'était dit favorable à une notation "plus bienveillante". A droite, les critiques avaient fusé, dénonçant la "déliquescence" de l'Education nationale.

Le sondage a été réalisé par OpinionWay à partir d'un échantillon de 596 parents d'enfants scolarisés, issu d'un échantillon de 2.025 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. L'échantillon a été interrogé en ligne et sur le terrain fin octobre.

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