200 professionnels de la nuit se sont retrouvés ce dimanche place Vauban à Paris pour dénoncer l'interdiction qui les frappe toujours après le déconfinement de réouvrir leurs établissements. La jeunesse qui ne peut se retrouver dans des discothèques se rassemble dans des soirées privées sans aucune mesure sanitaire.

Manifestation du secteur de la nuit place Vauban à Paris.
Manifestation du secteur de la nuit place Vauban à Paris. © Radio France / Jean-François Fernandez

Le lieu de rassemblement choisi est proche du ministère de la Santé. Deux cents professionnels du monde de la nuit et des discothèques se sont retrouvés ce dimanche place Vauban à Paris, pour un rendez-vous revendicatif et festif. Dress code : venir en blanc et pour colorer les manifestants les organisateurs ont lâché des sachets de poudre de peinture.

Depuis le déconfinement, ce secteur est le grand oublié, il représente pourtant en France 100 000 salariés (directs et indirects), pour 1600 discothèques. Les négociations avec les autorités sanitaires étaient sur le point d'aboutir à un accord qui garantirait la sécurité des discothèques, mais avec le remaniement ministériel tout est à l'arrêt.

Manifestation "colorée" du secteur de la nuit place Vauban à Paris.
Manifestation "colorée" du secteur de la nuit place Vauban à Paris. © Radio France / Jean-François Fernandez

Les professionnels avaient proposé un protocole pour l'organisation intérieure des discothèques. Ce qui fait peur, ce sont les rassemblements de nombreuses personnes sur les pistes de danse, l'accord propose donc de les supprimer et d'installer des sièges autour de tables, pour faire de petits îlots, et ainsi réunir les jeunes en petits groupes. Les groupes resteraient dans des espaces dédiés, sans se mélanger.

Cet accord qui va au-delà des recommandations du cahier des charges imposé par le ministère de la Santé, avait obtenu l'aval de la profession, mais il est aujourd'hui en attente.

Les jeunes font tout de même la fête

En cette période estivale, les jeunes veulent se retrouver et faire la fêter. Cela passe par la musique, mais aussi la boisson et parfois la drogue.

Madani Ben Yaya est patron de la discothèque le Babylone au Mans, il explique que "les jeunes organisent des soirées privées, on le sait par les réseaux sociaux, et d'après ce que l'on voit  personne n'a de masque, ça boit de l'alcool à gogo, et il y a tous les risques liés à la drogue et aux produits interdits".

Un jeune participant à la manifestation des professionnels de la nuit.
Un jeune participant à la manifestation des professionnels de la nuit. © Radio France / Jean-François Fernandez

Comme tous les professionnels du secteur, il ne comprend pas qu'on laisse la jeunesse livrée à elle-même, alors que dans les discothèques et établissements de nuit, les règles sanitaires seraient scrupuleusement observées. De plus les professionnels font de la prévention que ce soit sur l'alcool, la drogue, les maladies sexuellement transmissible.

Des sound système à la manifestation.
Des sound système à la manifestation. © Radio France / Jean-François Fernandez
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