tf1 plaide pour la gratuité de lci devant le csa
tf1 plaide pour la gratuité de lci devant le csa © reuters

Réunion au sommet des grands patrons des médias français, jeudi après-midi, au Conseil supérieur de l'audiovisuel. Les radios et télés reviendront sur le traitement médiatique des événements de la semaine dernière : l'attentat contre Charlie Hebdo, la traque des frères Kouachi et les prises d'otages.

Un enchaînement suivi par les médias, au cours de directs et d'éditions spéciales qui, d'après le gendarme des médias, posent question. En cause, des propos révélant la présence d'otages, la position des forces d'intervention, ou relayant des informations erronées. Autant de dérapages critiqués par les forces de l'ordre et dénoncées par certains proches des otages.

Le CSA avait d'ailleurs mis en garde les rédactions des différents médias dès le vendredi 9 janvier, en les appelant au " plus grand discernement ".

La réunion de jeudi est une séance de "réflexion commune" sur la couverture de l'épisode de la fin de la semaine dernière, précise dans un communiqué l'autorité de régulation de la presse, donc pas de sanction prévue. La séance, à huis clos, a lieu en présence de représentants des ministères de la Culture et de l'Intérieur. Elle prévoit de revenir sur le choix des images et des informations à diffuser dans les moments sensibles.

Ce qui a posé problème

La diffusion d'informations erronées . Un bilan erroné de "deux morts et 20 blessés" à Dammartin-en-Goële, a été un moment repris par de nombreux médias, dont Le Parisien, RTL et France 24.

La mise en danger des otages prêtée à BFM TV pour avoir annoncé à l'antenne, pendant la prise d'otage, la présence de personnes dans la chambre froide de l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes. Une information qui aurait pu coûter la vie aux otages, selon une proche d'une victime, sur BFM TV.

L'épouse d'un des otages sur BFM TV

Vous avez fait une grosse erreur, BFM.

Une version des faits inexacte, se défend Hervé Béroud, directeur de la rédaction de BFM-TV. Cette information, donnée une fois à l’antenne par le journaliste Dominique Rizet, deux heures avant l'assaut, venait d’une source policière et ne pouvait pas mettre en danger l’otage, les forces d’intervention étant positionnées à côté de la chambre froide.

Hervé Béroud était l'invité de Sonia devillers dans l'Instant M

La police nous a appelé pour nous remercier.

Autre incident, la révélation de l’existence d’un otage caché à Dammartin. France 2 a interviewé en direct la sœur de l’otage, qui explique être "sans nouvelles de son frère, peut-être caché à l’intérieur". Sur RMC, le député UMP de Seine-et-Marne, Yves Albarello, raconte même qu’"un membre du personnel est caché à l’intérieur". Une information inconnue des preneurs d’otage.

La mise en danger des forces d'intervention. En filmant les interventions en direct, les médias auraient pu renseigner sur les positions des forces d'intervention. Selon des sources policières, des enquêteurs se sont offusqués de la publication, trop rapide - dès mercredi soir - des identités des frères. "On les a peut-être ratés à cause de cela", jugent-ils.

Ce que peut décider le CSA

Le CSA a commencé, mercredi, à étudier les reportages diffusés depuis mercredi dernier, à la recherche d’éventuels dérapages. L’autorité a plusieurs moyens d’actions à sa disposition, qui peuvent aller jusqu’à mettre un média à l’amende ou lui confisquer une plage de publicité.

Mais lors de cette réunion, le CSA ne devrait pas prendre de sanctions. Olivier Schrameck, président du CSA, explique :

C’est une réunion de concertation. Nous verrons ensemble quelles suites peuvent être données aux conclusions que nous en tirerons.

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