Les négociations entamées entre le gouvernement et les principales plateformes de streaming ont "abouti", explique Roselyne Bachelot. La ministre de la Culture a affirmé sur France Inter ce jeudi que Netflix allait payer 150 à 200 millions d'euros chaque année, pour participer à la création française audiovisuelle.

La ministre de la Culture Roselyne Bachelot veut obliger les plateformes de streaming à financer en partie la création audiovisuelle française
La ministre de la Culture Roselyne Bachelot veut obliger les plateformes de streaming à financer en partie la création audiovisuelle française © AFP / Antoine Wdo / Hans Lucas / Hans Lucas

"Pourquoi opposer la culture patrimoniale et la culture numérique ?" s'interroge Roselyne Bachelot, invitée ce jeudi du Grand Entretien de la matinale de France Inter, avant d'expliquer que les négociations menées avec les principales plateformes de Streaming (Netflix, Amazon ou Disney) ont enfin "abouti" : "Nous avons négocié, à la fois avec le monde du cinéma et le monde des plateformes (...) Nous transmettons au CSA et à la Commission européenne (...) qui vont obliger les plateformes à participer à la création cinématographique et audiovisuelle française." La transposition d'une directive européenne permettra ainsi de faire contribuer les géants de la vidéo en ligne au financement de la création, comme les chaînes de télévision.

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La hauteur de cette participation n'est pas encore clairement définie, mais la ministre l'estime de "20 à 25 % du chiffre d'affaires selon leur entrée dans la chronologie des médias" : elle fait référence à l'ordre de passage, par exemple, d'un long-métrage, depuis sa sortie dans les salles de cinéma, en passant par son arrivée sur une chaîne de télé, avant d'être enfin disponible sur l'une de ces plateformes, 36 mois plus tard. Avec cette nouvelle participation financière, ce délai de trois ans pourrait être revu à la baisse. "C'est en négociation", dit la ministre.

Roselyne Bachelot affirme notamment que le géant du streaming télé Netflix, qui "ne payait pas jusqu'à présent", "va payer entre 150 et 200 millions d'euros tous les ans" : "Les plateformes, nous allons les obliger à financer la création audiovisuelle française".

La France figure aux premiers rangs des producteurs de films, et son cinéma d'auteur rayonne grâce notamment à un système de financement complexe, impliquant les chaînes TV et une redistribution des recettes en salles en faveur de la création.  Unique par son ampleur, ce système est aujourd'hui largement bousculé par l'évolution du secteur, et par la violence économique de cette pandémie.