Les médecins accusent les plateformes de télémédecine d'abuser d'un flou qui existe sur le remboursement des téléconsultations pour attirer des patients. Depuis le 15 septembre dernier, l'assurance maladie peut rembourser de tels actes, mais à de strictes conditions seulement.

Une téléconsultation dans un centre médical. Illustration.
Une téléconsultation dans un centre médical. Illustration. © Maxppp / Thierry Gachon

Parlez à un médecin depuis votre smartphone et bénéficiez des mêmes conditions de remboursement qu'une consultation en cabinet... Voici ce que dit la pub sur une de ces plateformes de télémédecine. "Mensonge !", a réagi le Conseil de l'ordre qui rappelle que d'après les textes, le remboursement du patient n'est possible que si son interlocuteur au bout du smartphone est son médecin traitant, ou un médecin qu'il a l'habitude de voir, et pas un autre. Un tel remboursement est possible depuis le 15 septembre dernier.

"Dérive commerciale de la médecine"

Sauf que le texte prévoit une exception qui ouvre la porte à interprétation et les plateformes s'y engouffrent selon le docteur Jean Louis Bensoussan, du syndicat de généralistes MG France :

Il y a une phrase qui dit "en l'absence ou quand le médecin traitant n'est pas disponible, un autre médecin peut se substituer pour répondre à une demande de soin sous la forme d'une téléconsultation. Cette petite phrase nous choquait depuis le début, elle a été maintenue.

Pour éviter les abus, l'Assurance maladie promet d'être vigilante quand elle recevra les feuilles de soins. Au-delà de cette question, le Conseil de l'ordre s'inquiète "d'une dérive commerciale de la médecine". Des plateformes font de la publicité quand les médecins n'ont pas déontologiquement le droit d'en faire. L'une d'entre elles avait même prévu de faire payer un abonnement pour donner accès à ses médecins, elle y a finalement renoncé. Le conseil prévient de toutes façons qu'il aura recours aux tribunaux en cas de manquements aux règles élémentaires de la profession.

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