Le Tour suscite toujours un enthousiasme populaire dont les politiques ne négligent pas les retombées de ce rendez-vous immanquable qui fait partie du patrimoine.

Charles De Gaulle

On dit souvent que rien n’arrête le Tour, sauf les guerres. Mais en 1960, lors de l’étape Besançon-Troyes, le peloton a fait une pause à Colombey-les-deux-Eglises.Alors que la course se déroule normalement, une rumeur court : le Général De Gaulle serait dans la foule pour assister au passage du Tour. Ni une ni deux, les directeurs du Tour décident d’arrêter le peloton.Le Président salue alors d’une poignée de main le champion de France Henry Anglade, le maillot vert Jean Graczyk, le champion du monde André Darrigade et le maillot jaune Gastone Nencini, arrêtés en chefs de file. Un coureur attardé, Pierre Beuffeuil, en profite pour rejoindre le peloton. Deux heures plus tard, c’est lui qui gagne l’étape.Cette rencontre entre l’homme de légende et les coureurs restera historique. Depuis, jamais la Grande Boucle ne s’est arrêtée de son plein gré. ### Valery Giscard d'Estaing

En 1975, le Tour s'achève pour la première fois aux Champs-Élysées, où Valéry Giscard d'Estaing remet le maillot jaune à Bernard Thévenet, qui met fin au règne d'Eddy Merckx.Pour remettre le maillot jaune, le Président pose la condition que le maillot soit exempt de toute publicité. L’organisation du Tour fait donc réaliser un maillot en nylon... tellement transparent que le nom de la marque de cycles et d’automobiles qui sponsorise alors Bernard Thévenet est nettement visible.A noter que sous Valéry Giscard d'Estaing, la France remporta quatre Tour de France : Thévenet en 1975 et 1977, puis Hinault en 1978 et 1979. ### Jacques Chirac

Depuis 1903 - sauf en 1926 et en 1963 - le Tour de France arrive à Paris : au Parc des Princes jusqu'en 1967, puis à la Cipale (Vincennes) de 1968 à 1974 et enfin sur la plus belle avenue du Monde (soyons chauvins !) depuis 1975.

En outre, maire de Paris de 1977 à 1995, Jacques Chirac peut se targuer d’être celui qui a le plus de podiums à son actif : 18 fois, sur les Champs Elysées il a brandi – avec le maillot jaune – la coupe du Tour de France.18 maillots à enfiler sur 7 champions : Hinault (5 fois), Miguel Indurain (4 fois), Greg LeMond (3 fois), Laurent Fignon (2 fois) et Pedro Delagado, Stephen Roche et Joop Zoetemelk. Sans oublier les caméras du monde entier braqué sur lui. Pour un politicien, une telle visibilité médiatique avant la trêve estivale ne peut pas faire de mal.Etre Maire de Paris a ses bons côtés.

En tant que Maire de Paris puis Président de la République, Jacques Chirac aura suivi près d’une trentaine de Tours, dont 12 éditions dont le départ a été donné à l’étranger. En 1987, c’est Berlin-Ouest qui accueille le Tour. C’est avec la casquette non pas de Maire de Paris mais de Premier Ministre que Chirac lance le départ avec son homologue allemand.Deux Premiers Ministres réunis près du rideau de fer… quelques années avant que deux présidents ne se tiennent la main place de l’Etoile… la réconciliation franco-allemande est en marche. ### Nicolas Sarkozy On connaît l’amour que porte Nicolas Sarkozy au vélo et on a souvent vu dans les tabloïds, les sessions sportives du chef de l’Etat pendant son mandat.Pour l’anecdote, le septuple vainqueur du Tour et ami de longue date du président français, Lance Armstrong, lui avait offert en 2010 un vélo flambant neuf d'une valeur de 5 300 euros (sans les roues) qu’il peut désormais chevaucher à ses heures perdues. Fidèle du Tour depuis son enfance, c’est le chef d’Etat qui se sera le plus emparé de la Grande Boucle. Nicolas Sarkozy avait l'habitude de suivre une étape dans la voiture du directeur du Tour Christian Prudhomme pendant son quinquennat ou lorsqu'il était ministre de l'Intérieur. ### François Hollande Le 20 juillet 2012, deux mois après son investiture, François Hollande se prête au jeu en assistant à la 18ème étape du Tour de France (Blagnac – Brive-la-Gaillarde).Le locataire de l'Elysée a eu l'occasion de féliciter le maillot jaune du Tour de France, Bradley Wiggins, et le meilleur grimpeur, Thomas Voeckler.A l’inverse de son prédécesseur, le Président n’est pas monté dans une voiture pour suivre le peloton et a préféré prendre un bain de foule dans la sous-préfecture de ses terres corréziennes où de nombreux supporters l’attendaient.Le Tour de France est l’occasion de se montrer en public et de profiter de l’effervescence populaire pour le chef de l’Etat, soucieux, de garder le "lien avec les Corréziens et les Français". Le 7 juillet 2013, pour sa deuxième année de mandature, le Président Hollande était à Bagnères-de-Bigorre pour l'arrivée de la 9ème étape du Tour. Il a profité de cette escale dans les Pyrénées pour aller à la rencontre d'élus et des populations des communes sinistrées par les inondations de juin 2013.
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