Un étude menée par l’équipe de Recherche en Epidémiologie Nutritionnelle (EREN) parue ce jeudi révèle, sans grande surprise, que les aliments ayant les plus mauvaises notes au Nutriscore, donc de moins bonne qualité nutritionnelle, sont les plus mortels.

Le Nutri-Score a été officiellement adopté en France en 2017 et depuis par différents pays européens (Belgique, Espagne, Allemagne, Pays-Bas, Suisse, Luxembourg).
Le Nutri-Score a été officiellement adopté en France en 2017 et depuis par différents pays européens (Belgique, Espagne, Allemagne, Pays-Bas, Suisse, Luxembourg). © AFP / LAURIE DIEFFEMBACQ

On a tous déjà vu ces lettres vertes jaunes orange et rouges sur un paquet de céréales, de pâtes ou de jambon. A,B, C, D ou E, de la meilleure à la plus mauvaise, ces notes indiquent la valeur nutritionnelle des aliments. On y fait plus ou moins attention en faisant nos courses. Pourtant, il s'avère que ces scores sont loin d'être insignifiants : les produits les moins bien notés seraient les plus mortels. C'est ce qu'affirme une nouvelle étude publiée ce jeudi dans le British Medical Journal et menée par l’équipe de Recherche en Epidémiologie Nutritionnelle (EREN) au Centre de Recherche épidémiologie et statistiques (CRESS). 

Menées sur plus de 500 000 personnes dans 10 pays européens, les analyses montrent un lien entre le Nutriscore des aliments consommés et la mortalité de 53 112 participants. Ces personnes ont renseigné régulièrement leur mode d'alimentation entre 1992 et 2015. "Nous avons montré un lien entre une alimentation plus élevée d’aliments moins bien scorés au Nutriscore, donc de moins bonne qualité nutritionnelle, et un risque accru de mortalité. Mortalité au global mais aussi mortalité par cancer, maladie cardiovasculaire, maladie du système respiratoire ou encore du système digestif." explique à France Inter Mathilde Touvier, chercheuse à l’INSERM et coordinatrice de cette étude. 

Selon elle, l'étude "valide d’une certaine manière la pertinence de ce score et de ce logo". Il s'agit pour la chercheuse d'inciter les industriels à "reformuler les produits pour une meilleure qualité nutritionnelle" et de "mieux protéger, prévenir les maladies chroniques via la nutrition”. 

Vers un logo unique en Europe ?

Le Nutriscore a été adopté en France en 2017 et depuis par différents pays européens comme la Belgique, l'Espagne, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Suisse et le Luxembourg. Mais l’application de ce logo reste optionnelle et repose donc sur la volonté des industriels de l’agroalimentaire. 

Aujourd'hui plus de 350 entreprises et marques se sont engagées à mettre en place le Nutriscore sur leurs produits selon l'étude. Les chercheurs espèrent l'harmonisation du logo au niveau européen. Un souhait qui devrait être exaucé puisque l'arrivée d'un logo unique dans tous les états membres de l'Union est prévue en 2022. La mesure sera présentée en mai prochain par la Commission Européenne.