Trois syndicats indiquent à France Inter qu'ils appellent les professeurs à vérifier si les conditions du protocole sanitaire sont bien respectées. Si ce n'est pas le cas, ces organisations les incitent à user du droit de retrait et menacent de procédures d'alerte.

La cour de récréation d'une école à Paris.
La cour de récréation d'une école à Paris. © Radio France / Victor Vasseur

Il n'y a pas que les maires qui s'inquiètent pour la réouverture des écoles le 11 mai : les enseignants, premiers concernés, sont aussi très préoccupés. Les principaux syndicats (SNUipp, premier syndicat du primaire, Unsa-Éducation et Sgen-CFDT) sont même prêts à lancer des procédures d'alerte et brandissent la menace du droit de retrait, alors que l'incertitude règne. Dans un texte commun, appellent les professeurs à observer scrupuleusement si les conditions du protocole sanitaire peuvent s'appliquer dans leur école et leur donnent la marche à suivre pour d'éventuelles procédures. 

Prendre le temps de s'adapter

Les syndicats demandent tout d'abord un temps de concertation avant le retour des élèves dans les classes. "Nous appelons les enseignant·e·s à s’emparer de la semaine du 11 au 15 mai pour  en faire une semaine de prérentrée avant une possible réouverture des écoles", indique le texte commun des organisations syndicales.  

Plusieurs jours sont nécessaires pour travailler à l'application des protocoles, estime Francette Popineau secrétaire générale du SNUipp : "Une journée ne peut pas être suffisante, il y aura sans doute des emplois à créer parce qu'une désinfection deux fois par jour, ça réclame du personnel."

Selon elle, "il faut revoir l'organisation de la classe". "Il va falloir bouger le mobilier. Et une fois qu'on aura bougé le mobilier, est-ce qu'on a bien cette distance d'un mètre quand l'enfant va se déplacer pour aller se laver les mains parce qu'il aura éternué ? Les circuits, les marquages au sol, ça ne peut pas se faire en une journée ou une nuit", ajoute encore Francette Popineau.

Droit de retrait "si la réponse n'est pas adéquate"

Les enseignants devront aussi observer si le protocole sanitaire peut s'appliquer, et suivre une procédure précise. "Ils devront être très attentifs et devront noter absolument tout ce qui déroge au protocole sanitaire et qui met en danger à la fois les élèves et les personnels, puis le communiquer officiellement dans une procédure d'alerte aux autorités hiérarchiques dont ils dépendent", explique Claire Krepper, secrétaire générale adjointe du SE-Unsa. 

"Si la réponse n'est pas adéquate, nous leur demandons de faire valoir à ce moment-là leur droit de retrait." Le droit de retrait, une démarche individuelle pour laquelle il faut prouver une menace grave et imminente. Pour apporter ces preuves, les enseignants doivent être présents dans leur établissement : il n'est pas question pour les syndicats d'appeler à la grève.

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