Non cités dans la nouvelle réforme de l'accès aux études supérieures, les psychologues de l'Éducation nationale alertent sur leur incapacité à gérer ParcourSup, une semaine avant la première échéance. Ils estiment que leur rôle d'orientation et d'information auprès des élèves et des parents n'est pas assez reconnu.

A une semaine de la première clôture des vœux sur la plateforme ParcourSup, les psychologues de l'Éducation nationale sont débordés par les besoins d'information des parents et des élèves.
A une semaine de la première clôture des vœux sur la plateforme ParcourSup, les psychologues de l'Éducation nationale sont débordés par les besoins d'information des parents et des élèves. © AFP / THIERRY THOREL / CrowdSpark

C'est d'abord une simple question de chiffres : avec trois à quatre établissements à charge sur une académie, des milliers d'élèves et une journée seulement passée en établissement, c'est mathématiquement, impossible pour les psychologues de l'Éducation nationale de recevoir tout le monde. Et pourtant, une semaine avant la clôture de la saisie des vœux, le 13 mars prochain, ces professionnels de l'orientation sont débordés.

Géraldine Duriez, psychologue de l'Éducation nationale sur l'académie de Créteil qualifie sa profession comme le "courant d'air dans les établissements" : "Si tout va bien, si tous les élèves se présentent aux rendez-vous, on peut en recevoir 8 par jour." 

Les psychologues aident les élèves à se projeter sur leurs atouts ou à ne pas se décourager devant un pré-requis

Mais hors de question de faire des choix parmi les élèves. Ceux qui ont des bonnes notes ne sont pas moins perdus que les autres, surtout que ça ne suffit plus pour le supérieur : le périscolaire compte aussi désormais, comme nous l'explique Sylvie Amici, psychologue en Seine-Saint-Denis : "Quand un élève ne peut pas répondre à tous ces attendus et qu'en plus, c'est pour des raisons économiques, sociales ou d'appartenance à un lieu où toutes ces ressources n'existent pas, on l'aide à s'émanciper et à dire 'ce vœu-là, c'est quelque chose que tu souhaites faire alors fais-le !'"  

Il faut donc aider à constituer ces nouveaux dossiers, mais aussi renseigner les jeunes comme leurs professeurs ou encore les parents. "Parce que répondre quand on a 17 ans sur quelles qualités on a, quels sont ses points forts, ses atouts, comment on se projette, cela demande de l'élaboration, rappelle Sylvie Amici, et là en tant que psychologue on peut parfois les aider."  

La preuve, des ateliers "spécial vœux" sur ParcourSup, organisés par le CIO d'Aulnay-sous-Bois en Seine-Saint-Denis ont fait le plein pendant les vacances. Près de 300 élèves de terminale y ont participé.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.