Ce mardi, l'association Régions de France lève le voile sur une étude dans laquelle elle émet plusieurs propositions pour le futur des lycées en tant que lieux de vie et d'enseignement. D'ici cinq ans, une cinquantaine de nouveaux lycées seront bâtis.

Un exemple de lycée récent, le lycée hôtelier Georges Frêche à Montpellier
Un exemple de lycée récent, le lycée hôtelier Georges Frêche à Montpellier © AFP / Philippe Roy / Aurimages

Chaque jour, plus de deux millions d'élèves (et d'étudiants, pour les classes prépa) franchissent les portes de leur lycée. Au total, la France compte 2 800 établissements qui couvrent 4 300 hectares sur tout le territoire... soit l'équivalent de 4000 terrains de foot ! Et ceux-ci sont très différents, certains ne comptant que 200 élèves, d'autres près de 3 000, et les plus récents ayant été fraîchement inaugurés alors que les plus anciens datent de 1802 - les lycées napoléoniens. 

Limiter les déplacements

Depuis 1982 et les lois de décentralisation, les lycées sont la compétence des régions. Seul le contenu de l'enseignement et l'emploi des professeurs dépend de l'Etat (et selon le type de lycée, de l'Education nationale, de l'Agriculture, etc.), mais les lieux et tous les emplois administratifs dépendent des conseils régionaux. Ce mardi, l'association Régions de France, qui réunit les conseils régionaux du pays, lève le voile sur une série de propositions et de recommandations pour "le lycée d'aujourd'hui et de demain". 

"Ce manifeste propose des positions partagées sur de grands objectifs, de principes d'action qui valent pour tous les établissements indépendamment de certaines spécificités". 

Les propositions des régions dans ce manifeste, selon lequel le lycée doit être "une deuxième maison", s'articulent autour de quatre grandes idées : le bien-être des personnes qui travaillent (élèves, enseignants et autres personnels) dans les lycées, l'évolutivité des lieux et des équipements, la sobriété, et enfin l'ouverture et la mutualisation. Par exemple, le rapport propose de mieux articuler les emplois du temps autour des intérêts des élèves, pour limiter leurs déplacements d'une salle à l'autre pendant les inter-classes ; ou encore d'apporter un soin particulier aux toilettes. 

Internat, CDI

Le manifeste propose également de développer les internats, de les ouvrir sept jours sur sept (à l'heure actuelle, ils ne sont effectivement ouverts qu'une moitié de l'année, si l'on compte les week-ends et les vacances), et d'y accueillir également les apprentis, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Même chose pour les centres de documentation et d'information (CDI), qui pourraient devenir des CDIO (en y ajoutant l'orientation) et dont les horaires devraient être élargis au-delà des horaires d'ouverture des lycées. 

Sur les locaux, le document préconise aussi de favoriser la "non-spécialisation" des locaux, pour adapter les établissements aux changements de programmes, par exemple, sans besoin de travaux. Des architectures plus simples et des programmes favorisant une plus grande ouverture au monde extérieur sont autant d'autres mesures proposés par les régions. 

Les lycées représentent un budget annuel de 5,5 milliards d'euros chaque année. Reste donc à savoir si l'Etat acceptera d'allouer aux collectivités les crédits suffisants pour mettre en oeuvre ces mesures. 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.