Alors que le gouvernement présente aux partenaires sociaux les premiers arbitrages sur la réforme des retraites. La hausse des prélèvements, la Contribution sociale généralisée (CSG) et les cotisations retraites restent les pistes principales.

Une source gouvernementale a précisé lors de l'université d'été du Parti socialiste, à La Rochelle, qu'un choix serait fait entre ces deux prélèvements, qui ne devraient pas augmenter pas simultanément. Invité du journal de 20h00 de France 2, Jean-Marc Ayrault a déclaré que rien n'était décidé.

Ce que veulent les Français, c'est surement aussi un équilibre, que tout le monde participe au financement de nos retraites, c'est-à-dire à la fois les actifs du public comme du privé, les retraités, mais aussi les entreprises.

Le ministre du Travail, Michel Sapin, avait auparavant souligné qu'une hausse de la CSG ou des cotisations avaient chacune des avantages et des inconvénients. Pour le ministre de l'Economie :

La CSG, c'est une ponction sur le pouvoir d'achat. S'il y a (des hausses) des cotisations, ça peut poser un problème aux entreprises. Donc rien n'est simple dans ce dispositif et donc il faut bien peser, et l'avis qui sera donné par les partenaires sera important.

jean-marc ayrault hausse le ton pour unir la majorité
jean-marc ayrault hausse le ton pour unir la majorité © reuters

Quant aux mesures d'âge, l'autre principal levier pour réduire les déficits des retraites, le gouvernement a déjà choisi de ne pas relever l'âge légal , et s'achemine vers la poursuite du mouvement d'augmentation de la durée de cotisation nécessaire pour toucher une pension au taux plein après 2020, dont Jean-Marc Ayrault n'a pas voulu préciser le rythme. Selon la même source gouvernementale, "il y a aura un allongement raisonnable et progressif de la durée de cotisation", avec un système de pilotage permettant d'ajuster cette durée à l'avenir. La réforme de 2003 prévoit que cette durée de cotisation atteindra 41 ans et trois trimestres en 2020.

Ce matin, dans le 7/9 de France Inter, Ségolène Royal s'est dite favorable à "un allongement modéré de la durée de cotisations."

A cet horizon, le déficit annuel du régime général, qui concerne la majorité des salariés du secteur privé, devrait s'établir à quelque sept milliards d'euros. Le gouvernement compte sur la hausse des prélèvements pour le résorber, au grand dam du patronat selon qui il faut au contraire baisser les prélèvements pour faire reculer le chômage.

Les pistes envisagées par le gouvernement, le résumé de Marion L'Hour

Cyril Graziani à sondé les militants socialistes à La Rochelle : ils s'opposent massivement à l'allongement de la durée des cotisations

__

De nouveaux droits ?

Dans un second temps, l'augmentation de la durée de cotisation après 2020 devrait contribuer à redresser les comptes , les mutations de la démographie française devant, dans les décennies suivantes, contribuer à rétablir l'équilibre.

Jean-Marc Ayrault, qui recevra successivement lundi la CFDT, la CGPME, la CGT, le Medef, la CFTC et la CFE-CGC, et mardi Solidaires, FO, l'UPA, l'Unsa et la FSU, a promis dimanche des droits nouveaux pour les femmes et les salariés ayant eu des métiers "pénibles". Les modalités de ces mesures figureront parmi les points à discuter avec les partenaires sociaux.

Pour Jean-François Roubaud, le président de la CGPME :

Ce qu'il faut , c'est que ça pénalise peu ou pas du tout l'entreprise.

Le projet de loi sera présenté le 18 septembre au conseil des ministres . Son examen à l'Assemblée nationale est envisagé dans la deuxième semaine d'octobre. Entre-temps, l'accueil de la réforme par l'opinion sera notamment mesuré le 10 septembre, date à laquelle des syndicats dont la CGT et FO appellent à manifester et à cesser le travail.

La future hausse des prélèvements, qui fera suite à des dizaines de milliards d'euros de hausses d'impôts et de taxes ces dernières années, avant même la hausse programmée de la TVA l'an prochain, est un sujet sensible. A tel point que le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, a dit déceler un "ras-le-bol fiscal" de ses concitoyens et des entreprises.

Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, un des artisans du report de deux ans de l'obligation de la France de réduire son déficit public à 3% du PIB, estime quant à lui que la hausse des prélèvements obligatoires dans le pays a atteint un "seuil fatidique". Les relever encore aurait pour effet "de casser la croissance et de peser sur l'emploi", explique-t-il dans un entretien au Journal du Dimanche. Présentée il y a quelques jours comme la principale piste, la hausse de la CSG est loin de faire l'unanimité. Au sein même du Parti socialiste, dont les instances prônent une réforme a minima, mais également des syndicats. Pour Laurent Berger de la CFDT :

Je suis très réservé. Les recettes de la CSG doivent être attribuées en priorité à la santé et à la perte d'autonomie. Pour les retraites, l'augmentation modérée des cotisations des entreprises et des salariés est plus logique.

Les retraites avant la réforme
Les retraites avant la réforme © Radio France
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.