Quand le suspens s'installe et que tout le monde retient son souffle : les sprints du Tour.

le sprint loyal

Il est des sprints de plusieurs nature. Massifs, ou en côte, en ville ou en rase campagne pour les bonifications.En 1987, l’arrivée à Villard-de-Lans oppose en combat singulier les deux derniers prétendants à la victoire finale : l’Irlandais Stephen Roche et l’Espagnol Pedro Delgado. Au cours de 185 kilomètres de l’étape, ils ont laissé en route le troisième homme, Jean-François Bernard, porteur du maillot jaune mais victime d’une crevaison qui lui fait perdre la course.Les deux leaders qui ont mené toute la journée vont s’expliquer à la loyale dans la dernière ascension. Meilleur grimpeur, Delgado s’impose après un sprint lancé de trop loin par Roche. Lequel n’a sans doute pas voulu se faire trop mal pour préserver ses chances. Une semaine plus tard, il deviendra le premier Irlandais vainqueur du Tour.

### le sprint limpide La quatrième étape emmène les coureurs de Dieppe à Caen. L’équipe de France, dont on sait que la seule rivale est l’équipe d’Italie.Toute la journée, les Français harcèlent les Italiens.Démonstration de force un peu vaine, Baldini pour l’équipe d’Italie est bien en embuscade dans la dernière échappée qui n’a pas pris assez d’ampleur. Et les 6 hommes qui arrivent sur la piste de Caen ne vont s’expliquer que pour le classement par points, précisément l’objectif de Jean Graczyk (Polonais naturalisé et subtilement surnommé « Popov » dans le peloton).Au terme d’un sprint limpide, celui-ci s’impose, comme il le fera entre Luchon et Toulouse à la sortie des Pyrénées, à Aix-les-Bains et dans l’ultime étape à Paris. Maillot vert pour « Popov », mais victoire finale pour l’Italien Gastone Nencini qui lui, n’a pas gagné une seule étape. ### le sprint de spécialistes Le Tour n’est pas encore lancé, nous n’en sommes qu’à la deuxième étape. Et l’après-midi, il y aura une étape contre-la- montre par équipe. Tout est donc réuni pour une arrivée groupée à Herentals en Belgique.Qui dit arrivée groupée, dit sprint de spécialistes.Ca tombe bien, Herentals est la ville où habite Rik Van Looy, le sprinter belge. A domicile, on voit mal comment il pourrait perdre un sprint. Pourtant, il va manquer un virage, laissant s’expliquer les autres hommes forts, André Darrigade et Rudi Altig. Cette fois, la passe d’armes tournera à l’avantage du Français. Mais l’Allemand s’imposera aux point à l’arrivée à Paris. ### le sprint entre costauds La neuvième étape du Tour 1966 est l’illustration parfaite de l’étape pour sprinters : 201 kilomètres (pas trop long) entre Bordeaux et Bayonne (pas de relief), et dernièr tronçon avant la haute montagne.Tout ça donne une course nerveuse qui va se régler entre costauds.Les non sprinters tentent leur chance dans les derniers kilomètres, mais la course est verrouillée par les équipes dont les sprinters ont des chances de s’imposer. Gerben Karstens, spécialiste hollandais va s’imposer devant Van Looy et un autre Belge, Willy Planckaert qui finira le Tour avec le maillot vert du classement par points sur les épaules. ### le sprint malin Parfois, les sprints ne reviennent pas au plus rapide, mais au plus malin. Ainsi de l’arrivée de la première étape du Tour à Saint Brieuc : sur un vélodrome, on doit assister à une explication « classique », et Eddy Merckx, qui porte le maillot jaune depuis le prologue de la veille, entend bien imposer sa loi. Face au Britannique Michael Wright il semble devoir s’imposer, mais il a négligé de verrouiller la corde sur sa gauche. Lancé par la déclivité de la piste, Cyrille Guimard, dont le sens tactique lui permettra d’être un grand coureur puis un immense directeur sportif, s’infiltre dans l’espace libre et s’impose.Guimard et Merckx seront les seuls porteurs du maillot jaune cette année là : 8 jours pour le Français, 17 pour le Belge dont ce sera le 4ème succès. ### le sprint serré Il a longtemps été difficile de départager, les vainqueurs des sprints les plus serrés.Au vélodrome de La Cipale, pour l’arrivée du 61ème Tour, pour sa cinquième victoire, Merckx ne veut rien lâcher. Et son compatriote et ami Patrick Sercu, grand sprinter et vainqueur du classement par points l’apprendra à ses dépens. C’est comme un spécialiste qu’il n’est pas, que le Cannibale signe son triomphe.
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