Le tunnel de Fourvière, à Lyon
Le tunnel de Fourvière, à Lyon © IP3 PRESS/MAXPPP / Maxime Jegat

Selon une enquête du magazine Auto Plus, ciblée sur vingt tunnels de grandes agglomérations françaises, la sécurité n'y serait pas du tout respectée. Bandes d'arrêt d'urgence, bornes d'appel, issues de secours, les résultats sont déplorables.

Quinze ans après le tragique accident du tunnel du Mont Blanc, qui avait coûté la vie à 39 personnes, des investissements très lourds ont été faits dans les tunnels, des dispositions prises et des progrès réalisés. Mais les enquêteurs d'Auto Plus sont allés visiter des tunnels très fréquentés, dans de grandes villes françaises (Paris, Ile-de-France, Lyon, Marseille ou encore Nice). Seuls trois tunnels sur vingt sont irréprochables : à Foix, à Rouen et le tunnel du Prado à Marseille. Ailleurs, ils ont constaté que souvent, la sécurité la plus élémentaire n'est pas respectée.

Pierre-Savreux, l'auteur de l'enquête pour Auto Plus

Il y a beaucoup d'argent investi dans les tunnels depuis l'incendie du Mont Blanc, beaucoup d'électronique, beaucoup de capteurs, des caméras dans tous les sens... Mais malheureusement, personne n'est allé voir si les outils de base pour la sécurité fonctionnaient.

Le cas de la bande d'arrêt d'urgence inexistante

Selon le magazine, dans un tunnel sur trois, il n'y a pas de bande d'arrêt d'urgence. Ni le conducteur ni les passagers ne peuvent se mettre à l'abri. Il n'est pas possible non plus de se déplacer sans risquer sa vie pour atteindre une borne d'appel.

Le téléphone sonne... Dans le vide

Une fois cette borne SOS atteinte, les problèmes continuent. Une fois sur deux, elles seraient muettes. Soit personne ne répond au téléphone, soit elles fonctionnent mal et l'opérateur n'entend pas l'usager.

Des issues de secours pas entretenues, pas adaptées... Ou carrément verrouillées

Les enquêteurs d'Auto Plus ont tenté d'utiliser les issues de secours qui doivent permettre de sortir des tunnels, notamment en cas d'incendie. Là encore, selon eux, les chiffres sont mauvais. Ces issues seraient impraticables dans un tunnel sur six. Soit parce qu'elles sont obstruées par des poubelles ou des déchets, soit parce qu'il faut emprunter un escalier métallique peu pratique ou parce qu'elles sont plongées dans le noir... Ou alors parce qu'elles sont tout bonnement fermées à clé.

Pierre-Olivier Savreux

Vous allez par exemple à Nice, dans un des tunnels, l'issue de secours, c'est un escalier de fer. Je ne vous raconte pas les soucis en cas d'évacuation rapide si il y a un incendie...

Et après cette enquête, le ministère des Transports annonce qu'il lance une grande campagne de vérification des équipements des tunnels.

La vidéo d'Autoplus

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