Des chercheurs français ont découvert un moyen de rendre les vaisseaux du cerveau perméables aux médicaments, ce qui pourrait permettre de mieux traiter certaines pathologies.

Alexandre Carpentier, chercheur en neurochirurgie à la Pitié-Salpêtrière
Alexandre Carpentier, chercheur en neurochirurgie à la Pitié-Salpêtrière © G.Dautricourt

Et si l'on pouvait traiter plus efficacement la maladie d'Alzheimer ou des tumeurs cérébrales ? C'est ce qu'espèrent les chercheurs français de la Pitié Salpêtrière, qui ont mis au point (avec le neuro-oncologue Ahmed Id Baih, l'ANSM et la société CarThera) un dispositif permettant de mieux faire pénétrer les médicaments dans le cerveau. À l'origine, une découverte qui crée un réel espoir dans le traitement de tumeurs cérébrales jusque-là incurables. Le traitement peut être grandement amélioré, grâce à l'ouverture de la barrière hémato-encéphalique.

Ces tumeurs, après chirurgie, sont soignées par chimiothérapie. Or, cette chimio a beaucoup de mal à pénétrer dans le cerveau. En cause : la barrière hémato-encéphalique, des vaisseaux particulièrement étanches.

Des médecins et chercheurs des hôpitaux de Paris, des universités Pierre et Marie Curie et de l'Inserm ont mis au point un système d'ultrasons qui permet d'ouvrir ces vaisseaux, jusqu'alors imperméables, et de faire mieux pénétrer la chimiothérapie. La molécule atteint directement son but et elle soigne mieux.

Des pathologies jusqu'ici incurables

La première étape consiste donc à implanter une puce dans le cerveau qui va émettre des ultrasons. Alexandre Carpentier, neurochirurgien à la Pitié-Salpêtrière a coordonné ces travaux. "On émet les ultrasons pendant deux minutes, avec une puissance très faible, au début de chaque chimiothérapie", explique-t-il. "Cela permet de perméabiliser les vaisseaux pendant l'injection lente de la chimiothérapie pendant les six heures qui suivent. Ça multiplie par cinq la pénétration de la chimiothérapie, avec une espoir d'efficacité thérapeutique bien plus important. Jusqu'ici, il s'agissait de pathologies incurables."

D'autres maladies comme la maladie d'Alzheimer pourraient bénéficier de cette avancée. "L'ouverture de la barrière de ces vaisseaux permet une diminution des plaques", détaille Alexandre Carpentier. "On observe aussi une augmentation des synapses, des connexions entre les neurones. De nouveaux neurones apparaissent. Potentiellement, ça pourrait donc avoir un intérêt pour la maladie d'Alzheimer. On va commencer assez vite un essai sur cette pathologie."

Une pénétration massive et directe des traitements qui représente un véritable espoir pour plusieurs maladies graves du cerveau.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.