La mort du militant négationniste Robert Faurisson a braqué les projecteurs sur la ville où il est décédé, bien malgré elle. Sur Twitter notamment, beaucoup ont plaisanté sur le passé de Vichy, siège du gouvernement de collaboration mené par Philippe Pétain, pendant l'occupation nazie. Le maire, lui, n'en peut plus.

Fronton de la mairie de Vichy
Fronton de la mairie de Vichy © AFP / Thierry Zoccolan

Il y a des blagues qui ne font franchement pas rire ceux qui les subissent. Après la mort dimanche à Vichy de Robert Faurisson, qui avait consacré sa carrière à contester le génocide des juifs lors de la Seconde guerre mondiale, la ville a été de nouveau associée à un épisode sombre de son Histoire : le "régime de Vichy" mené par Pétain pendant l'Occupation.

Au point de profondément agacer, voire de provoquer la colère de nombreux habitants. Ont ainsi réagi plusieurs élus municipaux...

... des élus départementaux...

... mais aussi des journalistes sur place.

Pour Frédéric Aguilera, maire de la ville depuis 2017, ces réactions ne se limitent pas aux réseaux sociaux. "Je peux vous dire qu'à chaque fois que des médias, ou des politiques, même dans des discours très officiels, utilisent cette expression-là, systématiquement j'ai droit à des centaines de mails, de courriers, d'appels en mairie", se désole-t-il. "Parce que les Vichyssois sont vraiment exténués, énervés. Il y a un vrai ras-le-bol."

"En permanence, le nom de la ville est utilisé pour résumer cette politique de l'État français et toutes les lois de collaboration. C'est extrêmement désagréable, et ça donne une image de notre ville qui ne correspond absolument pas à la réalité."

Surtout, selon l'élu LR, il y a là plus largement une manière commode de ne pas regarder tout un pan de l'Histoire française en face : celle d'un pays qui, contrairement à ce qu'en disait le général de Gaulle, n'était pas entièrement peuplé de résistants. _"Je pense que c'est aussi une volonté de la part d'un certain nombre de personnes d'utiliser cela, parce qu'_en disant que c'est à Vichy, donc pas à Paris, et comme ce n'était pas à Paris, ce n'est pas la France. Mais si, c'était l'État français ! À un moment, il faut que l'État français assume, qu'on arrête de rejeter, par ce vocabulaire-là, la responsabilité sur une petite ville d'Auvergne."

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