Des CRS dans la mainfestation parisienne, 17 mai 2016
Des CRS dans la mainfestation parisienne, 17 mai 2016 © Reuters / Gonzalo Fuentes

Véhicules de police chargeant un cortège, manifestants et journalistes matraqués, élèves d'un collège blessés... Les débordements du côté des forces de police semblent se multiplier cette semaine. Manuel Valls assure qu'elles sont pourtant "très encadrées, très surveillées".

Dernier évènement en date, qui a beaucoup choqué localement et plus largement sur les réseaux sociaux : l'hospitalisation de trois enfants suite à une intervention policière visant à déloger des parents d'élèves de l'entrée du collège Surcouf à Saint-Malo, pour protester contre sa fermeture. "L'un des enfants hospitalisés souffre d'une fracture de la jambe et un autre d'une fracture au poignet. Et une troisième élève a un genou abîmé", explique à Reuters Gwenaël Lepaih, secrétaire régional du SNES, qui évoque également des "blessures psychologiques" et des élèves "très choqués" . Huit autres enfants ont été légèrement blessés.

Pour un professeur d'histoire présent sur place, on a assisté à "des scènes impensables dans un contexte d'établissement scolaire".

Des élèves ont été malmenés, tirés, poussés, jetés par les policiers . Il y eu plusieurs blessés, des personnes choquées.

Une mère de famille raconte au micro de Brigitte Hug le choc face à cette évacuation.

L'intervention par la force, ça me dépasse. Y'avait des enfants en pleurs, des enfants qui ont eu mal, des enfants hospitalisés. Ça ne peut pas se faire en France, je ne peux pas être d'accord avec ça.

De son côté, l'inspecteur d'académie du département, Christian Willhelm, assure que les trois élèves hospitalisés l'ont été pour de simples contusions et qu'ils avaient pu rentrer chez eux.

Une impression de violence de plus en plus vive

Reste que l'image est désastreuse pour les forces de police, et que les choses ne s'arrangent pas. Jeudi, c'est une charge particulièrement musclée qui a mis fin à la manifestation contre la loi travail à Rennes. Des véhicules de police ont chargé des manifestants pour les devancer et les empêcher d'envahir la rocade. Plusieurs journalistes ont également reçu des coups de matraque.

_Images Francetv info_ Mais là encore, on relativise : le préfet d'Ille-et-Vilaine Christophe Mirmand évoque "20 fonctionnaires de police pour 300 manifestants particulièrement déterminés". > L'enjeu n'était naturellement pas de repousser les manifestants vers cette rocade c'était donc de s'interposer entre cette rocade et les manifestants. C'est la raison pour laquelle ils ont été obligés de déborder les manifestants, **peut-être dans des conditions de rapidité qui ont pu apparaître à certains comme un signal ou un signe d'agressivité à leur égard** , ça n'était pas le cas. Cette semaine, **c'est le Défenseur des droits a lancé une enquête sur le cas d'un jeune manifestant blessé à la tête** , vraisemblablement par une grenade de décenserclement lancé par les forces de police. Il a été plongé dans le coma et sa famille a annoncé vendredi qu'elle avait porté plainte contre X pour "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique". Plusieurs vidéos montrent un policier en tenue anti-émeute lancer une grenade à terre, puis le jeune homme s'effondrer au sol, la tête en sang. Au total, **la police des polices travaille sur une quarantaine d'enquêtes sur des violences policières** lors des différentes manifestations contre la loi travail. Sans compter les nombreuses vidéos circulant sur Internet et qui montrent des interventions à coups de matraques sur des manifestants sans arme ni casque. En visite à Athènes, le Premier ministre, Manuel Valls, reste circonspect sur ces évènements. > **La police française est très encadrée, très surveillée.** L'objectif de la police et de la gendarmerie n'est pas de donner des coups de matraques ni aux journalistes ni aux jeunes. **S'il y a le moindre incident, il doit être éclairé** , il est éclairé par le ministère de l'Intérieur en toute transparence. Tout en ajoutant que**"mon rôle, puisque j'étais aussi ministre de l'Intérieur, c'est d'assurer les forces de sécurité de mon soutien"** . **Aline Daillère de l'Association des chrétiens pour l'abolition de la torture était l'invitée du journal de 13 h**
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