La préfecture de police de Paris a finalement interdit le rassemblement à l'appel des syndicats, invoquant des raisons de sécurité. CGT et FO vont rencontrer Bernard Cazeneuve.

Manifestants lors du cortège du 14 juin à Paris
Manifestants lors du cortège du 14 juin à Paris © Reuters / Philippe Wojazer

La décision est exceptionnelle : un cortège syndical interdit, ça n'était pas arrivé depuis 1962 (le préfet de police s'appelait alors Maurice Papon). Et les responsables syndicaux ne s'y sont pas trompé. Quelques minutes après la diffusion du communiqué de la préfecture de police (de 2016), Philippe Martinez et Jean-Claude Mailly réclamaient un rendez-vous "rapide" avec le ministre de l'Intérieur, rendez-vous rapidement obtenu.

À l'issue de cette rencontre, les représentants des deux syndicats ont évoquer la recherche d'une "solution" qui contenterait tout le monde. "C'est mieux quand on discute, plutôt que de parler par communiqués interposés. On va faire le point", assure Philippe Martinez. Son homologue Jean-Claude Mailly évoque des "discussions serrées".

De son côté, Stéphane Le Foll a précisé, citant François Hollande, que "l'autorisation [de manifester] ne serait pas donnée tant que les conditions ne seraient pas réunies".

Mercredi matin, la décision qui est tombée comme un couperet, après des négociations sur la forme de la manifestation, pour éviter tout débordement. Les sept syndicats à l'origine de l'appel souhaitaient un défilé classique, quand la préfecture de police préférait un rassemblement statique, plus facile à contrôler. Et les négociations sur le sujet ont finalement abouti à une impasse.

Ces discussions n'ont (...) pas conduit à l'émergence d'un accord sur cette proposition de conciliation, les représentants des syndicats refusant catégoriquement la tenue d'un rassemblement statique et formulant ensuite des propositions alternatives, ne permettant en aucune façon de répondre à la nécessaire sécurité des personnes et des biens.

L'arrêté d'interdiction sera pris dans la journée de mercredi.

Indignation politique quasi générale

Outre la CGT et FO, l'interdiction de manifester jeudi a fait réagir la CFDT, pourtant favorable à la loi Travail. Le syndicat explique qu'il ne "partage pas sur le fond la position des organisations qui appellent à la mobilisation" mais qu'elle "défend leur droit à manifester pour l'exprimer".

Dans les rangs du PS, l'annonce a provoqué des réactions aussi bien chez les soutiens de la loi Travail que chez les "frondeurs" comme Christian Paul. À gauche du Parti socialiste, on dit aussi sa colère.

Mêmes réactions dans l'opposition. Après Nicolas Sarkozy qui disait mardi sa préférence pour une autorisation de manifester sous contrôle restreint, Marine Le Pen a elle aussi dénoncé l'interdiction de ce nouveau cortège.

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