Il s’appelle Louis Pierre Marie. On l’appelle Louison. Ou le Boulanger de Saint-Méen. Il a remporté 3 Tours d’affilée. Louison Bobet, portrait.

1948 : l'admiration de Bartali

  1. Louison Bobet court son 2e Tour de France. Lors de la 14e étape Briançon – Aix-les-Bains (263 km), entre le Galibier enneigé et le Col de la Croix-de-Fer, Bartali attaque. Bobet, alors maillot jaune, tente de suivre.La suite, c’est l’Italien lui-même qui la raconte à un journaliste qui lui demande ce qu’il pense de Bobet à l’issue de cette étape :

Je le tiens maintenant pour un homme de très grande classe, aux qualités multiples. Il roule, sprinte, grimpe et a du cœur. Il a peut-être perdu son maillot jaune, mais je vous jure qu’il l’a défendu. Quel lutteur ! Je le voyais à mon côté grimacer, serrer les dents, mais pas me quitter. En un mot, il m’a émerveillé et, au sommet de la Croix-de-Fer, alors que nous nous apprêtions à disputer la bonification, je n’ai pu m’empêcher de lui dire mon admiration.

1950 : l'envolée

En 1950, Louison Bobet, leader de l'équipe de France avec Raphaël Géminiani est alors Maillot Jaune.Lors de la 18ème étape Gap / Briançon (165 km) Bobet s’envole littéralement. Il passe en tête au col de Vars (2109 m) puis au sommet de l’Izoard (2360 m) et gagne brillamment l’étape, empochant au passage le Prix du Meilleur grimpeur.

Il finira sur la 3e marche du podium, à 6’46’’ du vainqueur Ferdi Kübler.

1950 : emporté par la foule...

1950, deux coureurs, une même foule, et pourtant…

Mardi 25 juillet, Gino Bartali – alors grand favori du Tour – remporte l’étape à Saint-Gaudens mais quitte le Tour. Estimant avoir été mis en danger par les spectateurs français, il décide de se retirer « J’ai été victime de voies de faits incompatibles avec le sport pur. Je ne tiens pas à continuer, car le sport que je pratique est dangereux. Il le deviendra encore plus, si j’en juge d’après l’hostilité qui fut manifestée à notre égard par une partie du public des Pyrénées ».

La même année sur ce même Tour, c’est l’enthousiasme bruyant et les encouragements sonores des spectateurs qui ont accompagné Bobet, qui les évoque dans ce reportage :

1955 Bobet

  1. Louison Bobet, qui a remporté les deux Tours précédents, est handicapé par une blessure à la selle. Malgré cela, le Breton se surpasse.En particulier dans les cols des Pyrénées où il est le seul à tenir tête à Charlie Gaul. C’est certes ce dernier qui remporta l’étape Toulouse-Saint Gaudens (249 km) mais d’avoir réussi à rester dans ses roues constitua pour Bobet un bel acte de bravoure et de fierté.Peut-être y pensait-il lorsque le 30 juillet - victorieux avec plus de 11’ d’avance sur Charlie Gaul arrivé 3e – il effectua, sous les vivats de la foule en liesse du Parc des Princes, son tour d’honneur.

1959

10 fois il s’est aligné sur la ligne de départ. Par trois fois il l’a remporté (1953, 1954, 1955). En 1958 il est arrivé 7é. En 1959 il abandonna à la 18e étape. Cette année, il a décidé de ne pas le courir.Et c’est à l’ancien coureur professionnel, Robert Chapatte, reconverti dans le journalisme, qu’il confie ses pronostics sur le Tour 1960. Chapatte est en terrain connu ; il a lui-même participé à 5 éditions de la Grande Boucle de 1948 à 1952.

[](http://www.ina.fr/sport/cyclisme/video/CAF94091950/interview-louison-bobet.fr.html "http://www.ina.fr/sport/cyclisme/video/CAF94091950/interview-louison-bobet.fr.html") C’est Gastone Nencini qui remporta cette année le Tour. Henry Anglade terminant 8e au classement général. André Darrigade : 16e. Jacques Anquetil ne prit pas le départ. ### du vélo à la bibliothèque verte En 1959, Louison Bobet surprend ses fans (et réjouit les plus jeunes) en écrivant « Champion cycliste ». Publié chez la mythique Bibliothèque Verte (Hachette), illustré par Jean Reschofsky cet ouvrage de 190 pages est le récit des 12 ans de courses cyclistes.La 4e de couverture : > Chaque course cycliste est avant tout une aventure. Louison Bobet l'affirme. Et il s'y connaît. Cette aventure, parfois dramatique, souvent triomphale, toujours passionnante, Louison Bobet l'a vécue, depuis douze ans, sous toutes ses formes. Il ne s'en est jamais lassé. Et pourtant la gloire se paie cher. Chaque minute de triomphe n'est que la récompense d'heures et d'heures d'efforts. Bobet a déjà gagné trois Tours de France, un championnat du monde et des dizaines de grandes courses. A travers ces victoires, à travers des défaites aussi, Louison Bobet montre ce qu'est un champion cycliste. Le cyclisme ? C'est le plus beau métier du monde, écrit-il en conclusion. Pouvait-il en trouver de plus belle ?.
Bobet en Bibliothèque Verte
Bobet en Bibliothèque Verte © Radio France / Bibliothèque Verte
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