Au lendemain du rejet de la demande de libération du journaliste français, Emmanuel Macron a demandé à son homologue turc le retour en France de Loup Bureau.

Un rassemblement de soutien au jeune journaliste a été organisé à Paris jeudi
Un rassemblement de soutien au jeune journaliste a été organisé à Paris jeudi © Maxppp / Christophe Petit Tesson

Le journaliste, arrêté le 26 juillet, a été mis en examen pour soupçon d'appartenance à "une organisation terroriste armée", et placé en détention provisoire le 1er août. C'est auprès de ce même juge que la demande de libération avait été déposée par les avocats français du journaliste. Une demande refusée par le magistrat turque. Martin Pradel, l'un des avocats français du journaliste, a précisé qu'un appel a déjà été déposé. Réponse attendue cette fois dans une dizaine de jours.

Le rejet de la demande de libération "est synonyme d'un autre mois passé derrière les barreaux", a réagit le comité de soutien à Loup Bureau sur sa page Facebook. Free Loup Turkey disait vendredi espérer que le deuxième entretien entre Emmanuel Macron et son homologue turc "qui devait avoir lieu cette semaine", aurait bien lieu.

Nouvel entretien téléphonique entre les deux présidents

Une conversation qui s'est déroulée ce dimanche entre Emmanuel Macron et son homologue turc. Le chef de l'Etat français a demandé à Recep Tayyip Erdogan "au-delà de l'amélioration obtenue des conditions de détention" de Loup Bureau, sa libération rapide et son retour en France", selon un communiqué de l'Elysée. "Les deux présidents sont convenus que les contacts se poursuivent, également au niveau ministériel, pour trouver, dans les meilleurs délais, une issue positive", ajoute l'Elysée.

Le 15 août, Emmanuel Macron avait fait part de sa "préoccupation' à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, lors d'un entretien téléphonique dont on ne connait pas le détail. Les deux présidents avaient convenu de s'entretenir à nouveau cette semaine à ce sujet.

Loick Bureau a réussi à joindre son fils ce dimanche pour la première fois depuis quinze jours. Une conversation qui n'a duré que cinq minutes. Loick Bureau a raconté France Bleu Loire Océan qu'il a trouvé que "psychologiquement" son fils va "de plus en plus mal". "Il se décourage de plus en plus, a-t-il expliqué, "il a peur de rester enfermé longtemps", indique le père du jeune journaliste qui a redonné un peu d'espoir à son fils, dit-il, en lui faisant part de la mobilisation et des nombreux soutiens, parmi lesquels François Hollande.

Mis en examen pour un reportage effectué en 2013

Loup Bureau, 27 ans, a notamment collaboré avec les chaînes TV5 Monde, Arte et le site Slate. Il a été interpellé le 26 juillet à la frontière entre l'Irak et la Turquie. Le journaliste est soupçonné d'appartenance à une "organisation terroriste armée", pour avoir réalisé un reportage sur les Kurdes syriens. Lors de son interpellation ont été trouvées en sa possession des photos le montrant en compagnie de combattants kurdes syriens des YPG, un mouvement considéré par Ankara comme une organisation "terroriste".

De nombreuses organisations de journalistes et de défense de la liberté de la presse dont la Fédération internationale des journalistes, RSF, les syndicats SNJ, SNJ-CGT et CFDT-Journalistes, ainsi que la chaîne TV5 Monde, ont lancé des appels à la "libération immédiate" du journaliste.

Jeudi, un rassemblement de soutien au journaliste a été organisé à Paris, et une pétition en faveur de sa libération a reçu près de 29.000 signatures.

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