Face à la crise économique, Action Logement va prolonger, au-delà de 2020, son dispositif de soutien et de prévention des impayés de loyers à destination des salariés ayant subi une perte de revenus, et propose une nouvelle aide plus importante pour celles et ceux qui ont perdu leur emploi.

Signe que la situation pourrait être en train de se dégrader sur le front des impayés de loyers, l'ANIL a constaté en novembre une hausse de 50% de ses sollicitations par rapport à l'an dernier.
Signe que la situation pourrait être en train de se dégrader sur le front des impayés de loyers, l'ANIL a constaté en novembre une hausse de 50% de ses sollicitations par rapport à l'an dernier. © Radio France / Claire Chaudière

Objectif, selon l'organisme paritaire : éviter l'engrenage des impayés de loyers, amortir les conséquences financières de la crise pour les ménages. Face à une situation sociale qui s'assombrit, Action Logement, l'ex-1% Logement va prolonger au-delà de 2020 son dispositif de soutien et de prévention des impayés de loyers, d'après les informations de France Inter. Il s'agit d'une aide de 150 euros par mois, pendant deux mois, pour une baisse de salaire d'au moins 15%. 80 000 personnes ont déjà bénéficié de cette mesure depuis juillet.

Mais ce coup de pouce est aussi étendu et renforcé à l'issue du deuxième confinement. Pour les salariés qui ont perdu récemment leur emploi (depuis le mois d'avril) et qui touchaient entre un Smic et un Smic et demi, ces 150 euros par mois seront désormais versés pendant 6 mois. 900 euros donc au total, pour permettre aux locataires, mais aussi aux propriétaires ayant des prêts immobiliers à rembourser de garder la tête hors de l'eau. 

Enveloppe de 100 millions d'euros

"C'est une aide qui doit éviter de tomber dans la spirale des dettes locatives", explique la toute nouvelle directrice générale d'Action Logement Nadia Bouyer. "Parce qu'avec des revenus modestes, en sortir peut s'avérer très compliqué. C'est une aide de solidarité et qui a pour vocation de préserver la cohésion sociale en ces temps difficiles. Soit une enveloppe estimée de 100 millions d'euros." Les dossiers peuvent être déposés dès aujourd'hui sur le site d'Action Logement

Une aide bienvenue, qui démontre "l'ampleur des besoins", constate Christophe Robert de la fondation Abbé Pierre. Mais qui ne s'adresse pas par définition à tous les non-salariés, les indépendants en première ligne, ou les travailleurs de l'économie informelle, dont le budget logement, dit-il, est parfois devenu insoutenable. "En réalité, nous sommes très surpris que l'État n'ait pas mis en place une aide complémentaire à celle d'Action Logement pour que personne ne passe à la trappe. Pour ces artisans, ces indépendants, qui viennent frapper à notre porte par exemple. C'est une bombe à retardement sociale", dit-il. 

Autant de personnes qui constituent aujourd'hui les nouveaux profils frappés par la crise, et "autant de ménages qui, s'ils continuent de payer leurs loyers, sont amenés à faire des arbitrages lourds de conséquences et dont nous paierons le prix un jour ou l'autre, parce que l'on se soigne mal, parce qu'on mange moins, pour conserver un toit sur la tête." Il existe bien des Fonds de solidarité logement départementaux, mais leur accès est inégal selon les territoires, alertent les associations, qui réclament un dispositif unique, mieux financé et accompagné d'une campagne de communication massive. 

Signe que la situation pourrait être en train de se dégrader sur le front des impayés de loyer, l'Agence Nationale pour l'Information sur le Logement a constaté en novembre une hausse de 50% de ses sollicitations, par rapport à l'an dernier. L'annonce de cette extension de l'aide d'Action Logement intervient par ailleurs alors que l'organisme paritaire est en discussion avec l'État au sujet de la réforme de sa gouvernance, et de sa gestion, pointées du doigt dans un récent rapport de l'Inspection générale des finances.