Un mouvement lancé sur les réseaux sociaux sous le hashtag #Lundi14septembre incite les élèves à s'habiller de manière "indécente" au collège et au lycée pour dénoncer des règlements sur les tenues vestimentaires jugés sexistes.Témoignages.

Beaucoup de jeunes femmes affichent leur soutien via les hashtag #Lundi14Septembre et #Liberationdu14.
Beaucoup de jeunes femmes affichent leur soutien via les hashtag #Lundi14Septembre et #Liberationdu14. © Capture d'écran Twitter.

51.000 tweets depuis vendredi. Le hashtag #Lundi14Septembre se trouve ce lundi dans les top tendances France de Twitter. Ce mouvement appelle les jeunes femmes, mais aussi les jeunes hommes, à venir habillés de manière jugée "indécente" ou "provocante" ce lundi dans leurs établissements scolaires pour dénoncer les comportements sexistes et défendre le droit de s'habiller librement. Et il fait réagir jusqu'au gouvernement. 

Un mouvement né sur TikTok

Le hashtag est né il y a quelques jours sur le réseau social TikTok avant d’être suivi sur Twitter et Instagram. Il fait suite aux témoignages de plusieurs lycéennes qui se sont vues reprocher ou refuser l'entrée de leur établissement à cause de leurs tenues, comme un "crop-top", un t-shirt laissant apparaître le nombril. 

Récemment, les élèves du lycée Branly à Boulogne-sur-mer dans le Pas-de-Calais ont manifesté pour pouvoir s'habiller comme ils l'entendent. Plusieurs lycéennes se seraient fait rappeler à l’ordre pour avoir porté une tenue jugée trop provocante rapportent La Voix du Nord et La Semaine dans le Boulonnais. 

Un autre hashtag, #Liberationdu14 appelle également à la même initiative sur les réseaux sociaux.

De "tu fais trop négligée" à "c'est un peu trop décolleté"

Depuis plusieurs jours, des témoignages affluent par centaines sur les réseaux sociaux. Ils proviennent en majorité d'adolescentes qui estiment avoir été victimes de remarques sexistes ou interdites d'entrée à cause de leur tenue et du règlement vestimentaire. "J'ai pris part à ce mouvement, témoigne Emma 16 ans, en classe de première dans le 95. Je ne trouve pas ça normal que les femmes soient sexualisées et que par ce fait nous n'ayons pas le droit de nous habiller comme on veut, car cela 'excite les garçons' . On nous dit ça depuis petites. Nous devrions avoir le droit de nous habiller comme on veut, que ce soient des décolletés, de mini-jupes etc...". La jeune femme, qui a vu le mouvement naître sur les réseaux sociaux, dit avoir également subi des remarques sexistes comme "c'est un peu trop décolleté" ou "on voit un peu trop tes jambes" ou au contraire "tu fais trop négligée", "il faut paraître plus féminine"

C'est tout récemment, vendredi, que Sym*, dit avoir vécu une histoire similaire. "J’ai eu une remarque par un prof alors que j’étais habillée normalement, explique à France Inter cette étudiante de 20 ans en BTS Banque à Luneville (Meurthe-et-Moselle). On voyait juste mon dos, je portais un pantalon taille haute avec un t-shirt ouvert derrière. Le professeur m'a dit 'ta tenue ne convient pas à ta formation”

"Qu’il nous laissent tranquilles, on est venues pour travailler, pas pour être jugées" Sym, étudiante

"Aujourd’hui certaines de mes copines n’ont pas été acceptées car elles avaient des collants résilles et que cela a été considéré comme vulgaire" raconte de son côté Juana, 16 ans, en classe de première à Saint-Cloud dans le 92. J’ai découvert le mouvement hier sur Twitter, et j’ai particulièrement aimé ce concept de solidarité entre femmes et hommes, c’est comme une petite rébellion contre le règlement si strict et misogyne des lycées et des collèges".

Le soutien de Marlène Schiappa et de "NousToutes"

Marlène Schiappa, ministre déléguée à la Citoyenneté et ancienne ministre de l'Égalité femmes-hommes, a tweeté son soutien au mouvement ce lundi matin. "Des jeunes filles ont décidé spontanément partout en France de porter jupes décolletées, crop top ou maquillage pour affirmer leur liberté face aux jugements et actes sexistes. En tant que mère, je les soutiens avec sororité et admiration" peut-on lire dans le tweet.

Le collectif féministe "NousToutes" propose également aux jeunes femmes de partager leurs pétitions lancées à l'attention de l'administration de leur collège ou lycée. 

"Nos tenues ne sont pas le problème. Le problème, c'est le harcèlement, les agressions et les viols" (Collectif NousToutes)

La chanteuse Angèle a également partagé sur sa story Instagram l'appel du collectif.

Capture d'écran de la story Instagram de la chanteuse belge Angèle.
Capture d'écran de la story Instagram de la chanteuse belge Angèle.

En parallèle, #BalanceTonProf et #BalanceTonBahut 

Ce week-end également, des centaines de tweets sous les hashtags #BalanceTonProf et #BalanceTonBahut relayaient des témoignages d'élèves ou anciens élèves concernant des faits de violence à l'école, comme du harcèlement scolaire, des agressions sexistes ou sexuelles ou encore des remarques racistes. 

* Le prénom a été modifié.

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