Le suicide à Lille d'une lycéenne transgenre a provoqué une polémique sur les réseaux sociaux. Le geste était-il lié à l'attitude du lycée ? Il semblerait que l'établissement, après avoir été surpris de voir arriver Fouad en jupe, ait plutôt fait le choix de l'accompagner dans son souhait de changer d'identité.

Le 18 décembre 2020, rassemblement en hommage à Fouad, élève transgenre, au lycée Fénelon de Lille
Le 18 décembre 2020, rassemblement en hommage à Fouad, élève transgenre, au lycée Fénelon de Lille © AFP / Denis Charlet

Les cas sont encore rares mais l'épisode de Lille donne l'occasion de s'interroger sur la façon dont l'institution scolaire gère ces situations. En septembre, dans le Vaucluse, Lilie, une enfant trans de 8 ans, a obtenu l'autorisation de se faire appeler à l'école par le prénom qu'elle s'était choisi. La décision a été prise par l'Éducation nationale après plusieurs mois de discussion avec ses parents et un psychologue scolaire. 

Du désir de l'enfant à l'obligation de respecter l'état civil

Les chefs d'établissements peuvent, avec l'accord des représentants légaux, tenir compte du souhait de l'élève pour tout ce qui concerne les documents internes (la carte de cantine, l'ENT...). Dans ce cas, il n'est pas nécessaire de fournir un certificat médical. En revanche, pour les documents officiels (convocations d'examen, listes d'émargement...), l'établissement doit respecter l'état civil. 

Les personnels commencent à être sensibilisés à ces questions. La lutte contre la transphobie fait désormais partie des programmes de l'enseignement moral et civique. Les professeurs disposent de ressources pédagogiques sur le sujet, sur le site Eduscol, comme la Fiche pratique sur le respect des droits des personnes trans de la DILCRAH ou la Décision-cadre du Défenseur des droits n°2020-136 relative au respect de l’identité de genre des personnes trans.

Former les personnels

Quelques académies ont commencé à élaborer des outils de sensibilisation et d’information à destination des équipes éducatives. Les manques sont plus importants en ce qui concerne l'accompagnement de ces élèves. La formation est encore embryonnaire, même si le ministère affirme que "l'accueil des élèves trans et la prévention de la transphobie sont bien identifiés comme des sujets de formation pour les personnels de l’éducation". 

En 2019, le plan national de formation, consacrait deux journées de séminaire au thème suivant : "Lutter contre le sexisme et les LGBTphobies : un enjeu pédagogique et de pilotage au quotidien". Ce séminaire avait notamment inscrit la question de l’accueil des élèves trans au programme.
La dernière campagne de sensibilisation des LGBTphobies en milieu scolaire propose plusieurs messages et ressources relatives à la prévention de la transphobie en milieu scolaire et pour la première fois, le ministère de l’Education nationale a sensibilisé au sujet de la transphobie.

Les choses avancent peu à peu mais trop souvent encore, les personnels sont démunis et ne savent pas toujours quelle attitude adopter ou quel discours tenir. c