Le ministre de la Santé a confirmé le passage en zone "alerte maximale" à partir de samedi matin de ces quatre métropoles, dans lesquelles "la situation s'est dégradée ces derniers jours".

Olivier Véran lors de son point hebdomadaire, jeudi 8 octobre 2020.
Olivier Véran lors de son point hebdomadaire, jeudi 8 octobre 2020. © AFP / Geoffroy Van Der Hasselt

Les villes de Lille, Lyon, Grenoble et Saint-Etienne vont basculer à leur tour en zone d'alerte maximale au coronavirus, a confirmé jeudi le ministre de la Santé Olivier Véran, comme l'avait révélé France Inter jeudi matin. Cela implique la fermeture totale des bars et la mise en place d'un protocole sanitaire strict pour les restaurants. "Pour ces quatre métroples, un passage en zone d'alerte maximale a été décidé par le président de la République", a-t-il dit lors de son point hebdomadaire. "Il sera effectif à compter de samedi matin."

Le ministre de la Santé a particulièrement alerté les Français sur les contaminations lors de rencontres familiales, notamment par les personnes asymptomatiques, qui sont contagieuses sans le savoir, et qui abaissent leur niveau de vigilance. 

Le détail ville par ville

"La situation s'est dégradée dans plusieurs métropoles ces derniers jours", a indiqué Olivier Véran. Il a ainsi détaillé, ville par ville, la situation. 

  • À Dijon et Clermont-Ferrand, le taux d'incidence (nombre de cas pour 100 000 personnes), notamment chez les personnes âgées, justifie un passage en alerte renforcée, dès samedi matin. 
  • À Lyon, Lille, Grenoble et Saint-Étienne, l'incidence est là très élevée, y compris chez les plus vulnérables et le taux de patients Covid-19 admis en réanimation a dépassé les 30 % des capacités. Ces quatre métropoles rejoignent Paris et sa petite couronne, Aix-Marseille et la Guadeloupe.    
  • À Toulouse et Montpellier, les indicateurs sont inquiétants, explique Olivier Véran qui donne quelques jours supplémentaires à ces métropoles pour observer l'évolution de la situation. Si elle ne s'améliore pas, elles pourraient basculer en alerte maximale d'ici à lundi matin. 
  • Enfin, signe que la situation s'améliore par endroits, la Nièvre et le Morbihan quittent la zone d'alerte. Tandis que les indicateurs montrent une "inflexion positive" à Nice, Rennes, Bordeaux et Aix-Marseille. 
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Pas de restrictions de déplacements

Interrogé sur le risque que Paris puisse basculer en "urgence sanitaire", catégorie la plus élevée de l'échelle mise en place et qui ne concerne aucune partie du territoire à ce stade, le ministre a envisagé cette hypothèse si, par exemple, l'occupation des lits de réanimation par des malades Covid dépassait 60 %, contre un peu moins de 40 % actuellement.

Cela pourrait provoquer d'autres mesures, comme "des fermetures de commerce non essentiel j'imagine", a-t-il ajouté. Mais "mon message n'est pas de dire 'On va vers ça'", a assuré le ministre, appelant à la vigilance de tous pour lutter contre la propagation du virus. 

À propos d'une éventuelle restriction des déplacements pendant les vacances de la Toussaint, Olivier Véran assume de ne pas avoir mis en place d'interdictions, par exemple des échanges entre les grandes métropoles. "Nous ne sommes pas arrivés à une situation de diffusion du virus telle que nous l'avions connue au printemps dernier, lorsque des restrictions de circulation étaient prises", indique-t-il.

L'accès au fonds de solidarité élargi

Sur le plan économique, le ministre Bruno Le Maire a précisé que l'accès au fonds de solidarité allait être élargi à de nouvelles activités et aux entreprises jusqu'à 50 salariés, contre 20 jusqu'ici. Seront dorénavant éligibles les entrepreneurs ayant enregistré une perte de 70 % de leur chiffre d'affaires en raison de la crise sanitaire liée au Covid, contre 80 % précédemment, a-t-il précisé. 

Le fonds de solidarité était réservé depuis le mois de juillet aux secteurs du tourisme, de la culture et du sport. Il sera désormais ouvert à 31 autres activités dont les loueurs de voitures, les fleuristes, les bouquinistes des quais de Paris, la fabrication de foie gras, les agences de publicité, la blanchisserie et la teinturerie de détail, les courtiers en assurance voyage, ou encore le conseil en relations publiques et communication, selon Bercy.

Le fonds de solidarité, qui depuis cet été concernait 150 000 entreprises, va bénéficier à 75 000 entreprises supplémentaires, a précisé Bruno Le Maire. Il a bénéficié, depuis le début de la crise sanitaire, à 1,7 million d'entreprises, pour un montant total supérieur à 6 milliards d'euros.