Premier coureur quintuple vainqueur du Tour, Jacques Anquetil avait le talent et l’élégance. Mort à 53 ans, il avouait en fin de carrière : « Si l'on veut m'accuser de me doper, il suffit de regarder mes fesses, ce sont de véritables écumoires.»

1958

Anquetil, vainqueur de la dernière édition fait partie des favoris de ce 45ème Tour. Mais l’opposition est forte, avec le Luxembourgeois Charly Gaul (qui s’imposera finalement), l’Espagnol Bahamontès ou le Français André Darrigade.

Jusqu’à deux jours de l’arrivée, le Normand conservait des chances, mais dans la 22ème étape, sous une pluie battante, il est victime d’une congestion pulmonaire. Le médecin du Tour, le Docteur Dumas l’empêchera de prendre le départ du contre-la-montre du lendemain.

1961

L’un des exploits les plus retentissants de « Maître Jacques » a été accompli durant le Tour 1961 : avant la course, il a annoncé son intention de porter le maillot jaune de la première à la dernière étape, et il y est parvenu, ne laissant que la première demi-étape à André Darrigade !Ce qui pour lui n’avait été que l’énoncé d’une évidence a été interprété par le public français comme un sommet de l’arrogance, et il a été sifflé pendant une bonne partie de la course, jusqu’à son arrivée au Parc des Princes (il baptisera « Sifflets » le bateau qu’il s’achètera ensuite).Et le tour d’honneur du 3ème de la course, l’élégant Luxembourgeois Charly Gaul sera deux fois plus applaudi que le sien.

### 1963 La véritable consécration populaire, c’est cette année là qu’Anquetil la trouve enfin.Ce Tour du cinquantenaire restera pourtant comme l’un des plus disputés de l’histoire, et Anquetil a du soumettre l’Espagnol Federico Bahamontès sur son terrain de prédilection, la haute montagne, notamment dans cette dix-septième étape arrivant à Chamonix, où échappé en compagnie de « L’aigle de Tolède », il le bat au sprint, empochant la bonification qui lui offre le maillot jaune.Mais c’est peut-être parce qu’il a pris le départ diminué que le public lui sait gré de s’être fait violence pour s’imposer pour la troisième fois.
article Anquetil
article Anquetil © Radio France / Le Monde
### 1964 L’année du duel avec Raymond Poulidor. Duel en montagne, avec le coude à coude dans le Puy de Dôme qui tourne à l’avantage du Limousin et l’explication finale, dans l’ultime contre-la-montre entre Versailles et Paris, qui tournera pour 21 secondes à l’avantage du Normand.Un duel si serré, que ce sont les radio-reporters qui apprendront en direct à « Poupou » la victoire finale (la cinquième sur le Tour) de son éternel rival.
### 1966 Pour la deuxième fois, Jacques Anquetil est forcé à l’abandon. Et comme en 1958, il souffre d’un point de congestion dans une étape de montagne courue sous la pluie et dans le froid entre Chamonix et Saint-Etienne.« Maître Jacques » quitte la course pour préserver la suite de sa saison et de sa carrière. En fait, ce sera sa dernière participation avant l’arrêt de son exceptionnelle carrière 3 ans plus tard.
### De "Maître Jacques" au "Gérant de la route" Jacques Anquetil est entré sans l’histoire avec le surnom de « Maître Jacques ». Mais il en est un autre qui lui aurait été donné par Antonin Magne directeur sportif de Poulidor, klaxonnant celui-ci dans un contre-la-montre au cri de : « Garez vous, laissez passer la Caravelle ». On ne sait pas s’il faisait allusion à l’allure majestueuse des bateaux de Christophe Colomb ou à la vitesse de pointe des cabriolets Renault de l’époque.Un autre surnom (moins flatteur) n’a pas connu le succès qu’il méritait : faisant référence à l’âpreté au gain du coureur normand, Antoine Blondin l’avait baptisé « Le gérant de la route » !
Anquetil Caravelle
Anquetil Caravelle © Radio France
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