malaise à l'hôpital Pompidou après un suicide
malaise à l'hôpital Pompidou après un suicide © MaxPPP / olivier boitet

Les langues se délient après le suicide d'un cardiologue de 54 ans à l'hôpital George-Pompidou à Paris. Sa veuve porte plainte et le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire pour harcèlement moral. Certains de ses collègues avaient alerté la direction sur son mal-être. Aujourd'hui, ils commencent à parler.

Le Professeur Jean-Louis Megnien, 54 ans, père de cinq enfants, s'est défenestré le 17 décembre sur son lieu de travail, après avoir repris ses activités à la suite d'un long arrêt maladie. Il dénonçait des mesures prises par sa direction qui l’empêchaient d'avoir des contacts avec les patients.

Sa veuve a été entendue mardi par les enquêteurs de la Brigade de répression de la délinquance contre la personne de la Police Judiciaire.

Ambiance délétère

Depuis ce drame, des informations sur l'ambiance au sein de l'hôpital commencent à sortir : luttes de clans, conflits, lutte d'égos... L'hôpital Georges-Pompidou n'est pas qu'un prestigieux établissement hospitalier, il est aussi le théâtre de conflits quasi permanents.

La direction avait été alertée

Dans une lettre rendue publique, le Professeur Bernard Granger, chef de service de psychiatrie et responsable syndical, a interpellé le directeur général de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris, Martin Hirsch.

La complexité d'un acte suicidaire sur le lieu de travail ne doit pas être un prétexte pour occulter la façon dont ce collègue a été objectivement maltraité.

Un mail aurait été envoyé par un confrère du cardiologue à la direction mettant en garde sur le risque suicidaire de Jean-Louis Megnien il y a plus d'un an. Ce mail était resté sans réponse.

Ses pairs montrés du doigt

Affirmant que la maltraitance venait "de ses pairs et de l'administration", le Professeur Bernard Granger a ajouté dans son courrier :

"Le devoir du directeur général est de protéger ses personnels, et sauf à vous rendre complice de cette maltraitance, il vous appartient de prendre les décisions qui s'imposent pour préserver ceux qui se plaignent d'en être victimes,

Un collègue du Pr Megnien, Rachid Zegdi, confirme que le problème vient de l'entourage professionnel du médecin :

Il y a eu un acharnement. C'était un problème de succession. Tout part d'un différent, puis ça prend des proportions diaboliques. Il lui est arrivé d'être insulté par des collègues devant des patients, selon Rachid Zegdi, chirurgien cardiaque, proche du Pr Megnien.

La direction s'engage à mettre à plat les sujets conflictuels

Un CHSCT (comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail) extraordinaire s'est tenu après le suicide en présence du directeur général de l'AP-HP Martin Hirsch. Il a annoncé "la saisine" de la commission d'analyse des suicides.Il a également annoncé le lancement d'une commission composée de trois personnalités "extérieures à l'hôpital, pour procéder à une mise à plat des sujets conflictuels et de tous les éléments de contexte d'un hôpital qui a connu plusieurs crises au cours des dernières années". Sa mission se déroulera en janvier et février.

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