nouvelle manifestation pro-palestinienne mercredi à paris
nouvelle manifestation pro-palestinienne mercredi à paris © reuters

Malgré les violences du week-end dernier à Barbès et Sarcelles lors de rassemblements interdits, une nouvelle manifestation pro-palestinienne est autorisée à Paris ce mercredi. Improvisation ou réelle réflexion ?

Ce mercredi, les drapeaux palestiniens flotteront de nouveau dans les rues de Paris, moins d'une semaine après les incidents survenus lors d'une manifestation interdite à Barbès. Cette fois, le rassemblement est autorisé par la préfecture de police de Paris. Le défilé s'élancera de la place Denfert-Rochereau à 18h30 en direction des Invalides.

Des organisateurs différents

Ce ne sont pas les mêmes associations et partis politiques qui appellent à manifester ce mercredi à Paris. Quand le Nouveau Parti Anticapitaliste était accompagné d'associations pro-palestiniennes samedi dernier, cette fois, le NPA sera aux côtés, notamment, d'Europe Ecologie Les Verts (EELV), du Parti Communiste Français (PCF), de la CGT ou encore de la Fédération Syndicale Unitaire (FSU). Ces organisations possèdent des services d'ordre rodés, habitués à des manifestations de plus grande ampleur. Quant au parcours, il est situé sur la rive gauche de Paris, à distance des lieux de culte juifs et du quartier du Marais.

Des autorisations au cas par cas

Le gouvernement a décidé de ne pas interdire systématiquement les manifestations de soutien au peuple palestinien.

Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur, affirme que l'Etat a autorisé le week-end dernier 60 manifestations sur 64.

Il y a un principe qui consiste, lorsqu'il y a des risques de dérapages, à prendre une mesure exceptionnelle d'interdiction.

Avant de prendre une décision, les préfets consultent les services de renseigements de la police. Les interdictions sont "à chaque fois motivées par de réelles raisons de troubles, ce ne sont pas des décisions prises au doigt mouillé", explique un haut responsable policier.

Le profil des manifestants fait aussi partie de l'équation pour Patrice Ribeiro, secrétaire général du syndicat Synergie Officiers :

La différence avec les politiques, c'est que nous, nous savons qui va se rendre à ces rassemblements, via les services de renseignements. Et quand on sait que ce sont des casseurs, des radicaux violents qui vont venir, il est évident qu'il faut interdire, c'est du bon sens.

Interdiction inefficace

Si le gouvernement continue à dire que les débordements survenus à Barbès et Sarcelles ont justifié l'interdiction des rassemblements, plusieurs associations affirment au contraire que l'Etat a appris de ses erreurs.

"C'est en interdisant la manifestation qu'on augmente les risques de troubles à l'ordre public", explique Pierre Tartakowsky, le président de la Ligue des droits de l'homme, qui appelle à défiler ce mercredi.

Taoufiq Tahani, le président de l'Association France Palestine Solidarité (AFPS), parle d'une "juste victoire pour la démocratie". Du côté de l'UMP, on n'est pas du même avis. Pour le député-maire de Nice, Christian Estrosi, il s'agit "d'une inconsistance de plus du gouvernement". L'ancien ministre de l'Industrie s'inquiète de la présence de casseurs dans le cortège de ce mercredi.

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