Les syndicats prédisent une mobilisation "énorme" contre la loi travail ce mardi, le gouvernement table sur l'essoufflement du mouvement. Le point sur cette journée et ses enjeux.

Entre 400 000 et 1,2 million de personnes avaient défilé le 31 mars
Entre 400 000 et 1,2 million de personnes avaient défilé le 31 mars © Maxppp / Aurélie Ladet

Alors que le projet de loi travail commence à être débattu par le Sénat en séance plénière, les syndicats font le pari d'une grosse mobilisation en cette nouvelle journée de manifestation dans tout le pays, la huitième en trois mois. "L'enjeu pour nous c'est de réussir à maintenir la mobilisation dans la durée", explique Eric Beynel, porte-parole de Solidaires, qui refuse d'entendre parler de baroud d'honneur.

Depuis ce mardi matin, plus de 600 bus, selon les syndicats, convergent de toute la France vers Paris pour permettre aux opposants de se joindre au cortège, alors qu'en région, plus de 50 manifestations sont prévues, ce qui, pour le leader de la CGT Philippe Martinez, devrait permettre de dépasser le pic de la contestation, atteint le 31 mars avec 1,2 millions de manifestants selon les organisateurs, 390 000 selon la police.

Brest, Fos-sur-Mer, Paris,... : premières actions mardi matin avant même le départ des cortèges

A Paris, le défilé de l'intersyndicale (CGT, FSU, FO, Solidaires, Unef, UNL, Fidl) est prévu aux alentours de 13h, au départ de la Place d'Italie, pour rallier l'Esplanade des Invalides. Le Préfet de Police de Paris, Michel Cadot attend environ 50 000 opposants dans la capitale, et dit craindre les exactions de casseurs qui pourraient se mêler au rassemblement. 130 personnes ont d'ailleurs été interdites de manifestation.

Mais avant même que les cortèges ne s'élancent, plusieurs actions ont été organisées, à Brest par exemple, où des barrages filtrants ont été mis en place, ou encore à Fos-sur-Mer, avec le blocage de l'incinérateur de la ville. Le secteur de l'énergie est aussi une cible : des baisses de production ont été recensées dans plusieurs centrales, alors qu'en région parisienne, des lignes haute tension ont été coupées. La CGT annonce par ailleurs avoir reconduit son opération "heures creuses" : 350 000 foyers parisiens, selon ses chiffres, ont vu leur compteur électrique basculer sur cette tarification plus avantageuse.

A la SNCF, le taux de gréviste a connu un bond important ce mardi, 7,3% selon la direction, contre 4,6% la veille. Par ailleurs, la Tour Eiffel est fermée au public toute la journée de mardi, "en raison du mouvement social national" lié à la loi travail, a annoncé dans un communiqué la Société d'Exploitation de la Tour Eiffel (SETE). Une partie du personnel "a fait savoir qu'elle prendrait part à cette journée d'action. Les effectifs sur place n'étant pas suffisamment nombreux pour ouvrir le monument dans des conditions d'accueil et de sécurité suffisants pour le public, la Tour sera donc fermée", a expliqué la SETE.

Rencontre entre la CGT et le gouvernement vendredi

Pour autant, le gouvernement a d'ores et déjà prévenu qu'il ne reviendrait pas sur l'article 2 du projet de loi, le plus contesté. "Je ne crains rien, j'écoute bien sûr, le dialogue avec les partenaires sociaux est permanent", a assuré lundi le Premier ministre, Manuel Valls.

Toutefois, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, et la ministre du Travail, Myriam El Khomri, se reverront vendredi pour la première fois depuis début mars. Cette rencontre permettra de "clarifier les choses, et de mettre sur la table les propositions de la CGT", explique le ministère.

En attendant les résultats de cette discussion à venir, deux autres journées de mobilisation nationale sont déjà prévues : elles auront lieu les 23 et 28 juin.

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