A Paris, Bordeaux, Lyon, Lille, des milliers de personnes manifestent samedi en France contre le racisme et les violences policières, sur fond de colère chez les forces de l'ordre et à la veille d'une allocution du président Emmanuel Macron.

Manifestants sur la place de la République à Paris, le 13 juin 2020, contre les violences policières
Manifestants sur la place de la République à Paris, le 13 juin 2020, contre les violences policières © AFP / Quentin De Groeve / Hans Lucas /

Le plus gros défilé, qui devait partir de la place de la République à celle de l'Opéra à Paris est resté bloqué sur son point de départ. Les forces de l'ordre ont contenu les milliers de participants présents sur la place de la République.

Pour parer à d'éventuels débordements, le préfet de police de Paris, Didier Lallement, avait demandé la fermeture des commerces et restaurants situés sur le parcours. Et il a rappelé que les rassemblements de plus de 10 personnes étaient toujours interdit par décret. 

Estimant que c'était "odieux" comme façon de procéder, Jean-Luc Mélenchon a demandé à ce que l'on "laisse les gens se déplacer". "C'est une façon d'entretenir en France un climat très malsain où tout le monde se regarde en biais", a-t-il dit.

Sur les pancartes de la manifestation parisienne, justice et information sont réclamées  pour plusieurs cas d'arrestations
Sur les pancartes de la manifestation parisienne, justice et information sont réclamées pour plusieurs cas d'arrestations © AFP / THOMAS SAMSOM

Le cortège emmené par Assa Traoré, la soeur d'Adama, et chef de file du comité "La vérité pour Adama", s'est exprimée un peu avant la manifestation : "Aujourd'hui, c'est un rassemblement pour dénoncer le déni de justice, la violence policière, la violence sociale, la violence raciale." Pour elle, une première victoire est acquise, par le fait que "la France reconnaît qu'il y a du racisme dans la police, dans la gendarmerie". "Quand le peuple français descend, c'est qu'on réclame tous la même chose, une justice juste pour tout le monde", a-t-elle ajouté.  

Assa Traore en têt de la manifestation contre les violences policères à Paris
Assa Traore en têt de la manifestation contre les violences policères à Paris © AFP / THOMAS SAMSON

Dans la foule, de nombreux jeunes vêtus d'un T-shirt noir floqué de la demande portée depuis quatre ans par la famille Traoré: "Justice". 

Awa Gueye, la soeur de Babacar Gueye mort 2015
Awa Gueye, la soeur de Babacar Gueye mort 2015 © AFP / THOMAS SAMSOM

Des pancartes proclament: "Tant que nous n'aurons pas la justice, vous n'aurez pas la paix", "On doit être la dernière génération à manifester pour ça".

"La France a du sang sur les mains", pour ce manifestant antiraciste à Paris
"La France a du sang sur les mains", pour ce manifestant antiraciste à Paris © AFP / THOMAS SAMSOM

En marge de la manifestation parisienne, Génération identitaire, groupe d'extrême-droite, a déployé une banderole sur le toit d'un immeuble qui surplombait les militants antiracistes. la banderole indiquait : "Justice pour les victimes du racisme anti-blanc". Elle a finalement décrochée par L'Acrobate (@Acrobate94) . 

Des premières tensions ont eu lieu place de la République alors que la préfecture n’autorisait toujours pas le départ de la manifestation vers la place de l'Opéra.

Un policier à terre, aidé par ses collègues, place de la République, le 13 juin 2020
Un policier à terre, aidé par ses collègues, place de la République, le 13 juin 2020 © AFP / Anne-Christine POUJOULAT

A Lyon, "justice pour Medhi

A Lyon, c'est le comité "Vérité et Justice pour Medhi" qui a battu le rappel de près de 2000 personnes devant le tribunal des Vingt-quatre colonnes. Medhi est mort après avoir tenté de forcer un barrage de police en 2015. Là aussi, la foule n'a pas pu se déplacer et défiler en ville. 

Plusieurs centaines de personnes se sont retrouvées également à Bordeaux, Montpellier, Nantes, Saint-Nazaire ou Strasbourg

A Lille, un rassemblement de 300 personnes a dû reculer sous l'effets de tirs de gaz lacrymogène.

A Rouen, Caen, ou Quimper, plusieurs centaines de personnes se sont également rassemblées. 

Environ 500 personnes manifestent dans le centre-ville de Caen contre le racisme.
Environ 500 personnes manifestent dans le centre-ville de Caen contre le racisme. © Radio France / France Bleu Normandie

La porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye a suggéré dans une tribune au Monde ce samedi de rouvrir "de manière apaisée et constructive le débat autour des statistiques ethniques" et de "revenir avec force aux outils de lutte contre les discriminations raciales".  Le ton est à l'apaisement après une semaine difficile pour l'exécutif. Pressé d'agir, le ministre de l'Intérieur avait annoncé des sanctions de policiers en cas de "soupçon avéré" de racisme, avant de reconnaître une erreur.   Dans un communiqué vendredi soir, il a en revanche confirmé la suppression de la technique d'interpellation dite "d'étranglement", qui ne sera plus enseignée.

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