"Il faut renforcer notre dispositif" à propos des casseurs dans les manifestations, a estimé mercredi le garde des Sceaux, ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, invité de France Inter.

Éric Dupond-Moretti, dans le studio de France Inter, mercredi 9 décembre 2020.
Éric Dupond-Moretti, dans le studio de France Inter, mercredi 9 décembre 2020. © Radio France / France Inter

"Je comprends que vous soyez en colère et je le suis également", a répondu le garde des Sceaux à une auditrice, à propos des violences lors des dernières manifestations contre le projet de loi "sécurité globale" à Paris. À cette occasion, Éric Dupond-Moretti a annoncé qu'il "travaille" actuellement, avec "méthode et précision" à l'élaboration d'un texte pour lutter contre les casseurs qui "viennent s'infiltrer" lors des manifestations.

"Vous avez des gens qui viennent s'infiltrer dans les manifestations, et le droit de manifester est essentiel dans notre grande et belle démocratie", a constaté le ministre de la Justice, invité de France Inter mercredi. "Autrefois, nous avons mis en œuvre une intervention préventive, sur autorisation du procureur de la République. On ouvrait des sacs et on y découvrait des masques, des armes, des marteaux, des gaz lacrymogènes, des vêtements noirs, des cagoules. Or, ceux-là, qui sont des gens qui nous séparent de la République, qui veulent séparer la République de ses valeurs, se sont organisés."

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"Renforcer notre dispositif"

Selon le ministre, désormais, les Black blocs, viennent "clairsemer leurs outils", les "cachent" la veille ou l’avant-veille d'une mobilisation. Puis, "ils vont revêtir les vêtements dont ils ont besoin pour se planquer et ensuite, glissent dans les manifestations, au milieu de gens qui sont des gens honnêtes et qui manifestent leurs désaccords - et c'est leur droit."

C'est là que réside le principal "problème", a insisté Éric Dupond-Moretti. Il y a, premièrement, "des risques de dégâts collatéraux, la police est attentive à ça", mais aussi "le problème de la preuve". "C'est pour ça qu'il faut renforcer notre dispositif", a insisté le ministre, indiquant qu'il "travaille" avec "méthode et précision" sur le sujet et qu'il devait prochainement réunir "les procureurs, les préfets et les policiers" sur la question.

En avril 2019, une loi avait déjà été votée pour "renforcer et garantir le maintien de l'ordre public lors des manifestations", comprenant là aussi des mesures "anti-casseurs". Le Conseil constitutionnel avait censuré les dispositions sur des "interdictions administratives de manifester", estimant qu'il s'agissait d'une atteinte excessive à la liberté de manifester, disproportionnée par rapport au problème qu'elles étaient censées régler.