Pas question d'accréditer leurs journalistes avant de couvrir une manifestation disent les directions des rédactions d'une trentaine de médias dont Radio France dans une tribune. "Il n'y a pas d'accréditation à avoir pour exercer librement notre métier sur la voie publique", ajoute le texte.

Journaliste durant une manifestation à Paris, en février 2019. Image d'illustration.
Journaliste durant une manifestation à Paris, en février 2019. Image d'illustration. © AFP / Hans Lucas / Riccardo Milani

Les directions des rédactions d'une trentaine de médias, dont celles du groupe Radio France (auquel appartient France Inter), se sont engagées à ne pas accréditer leurs journalistes pour couvrir des manifestations, au nom de la liberté de la presse, dans une tribune publiée vendredi sur le site du Monde et à retrouver à la fin de cet article.

"Responsables de rédaction, nous nous inquiétons de la volonté du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, de porter atteinte à la liberté de la presse dans le cadre des manifestations", dit le texte. "Les journalistes n'ont pas à se rapprocher de la préfecture de police pour couvrir une manifestation. Il n'y a pas d'accréditation à avoir pour exercer librement notre métier sur la voie publique. Nous refuserons, pour cette raison, d'accréditer nos journalistes pour couvrir les manifestations."

La tribune souligne également le contexte "particulièrement inquiétant" de la loi sur la sécurité globale. Notamment l'article 24 qui prévoit la restriction de la diffusion des images de policiers et gendarmes. Jeudi, le gouvernement s'est engagé à amender cet article pour garantir la liberté d'informer, alors que les syndicats de journalistes et défenseurs des libertés publiques estiment que cette mesure interdirait en pratique de filmer les forces de l'ordre et empêcherait de documenter les violences policières.

La tribune

"Responsables de rédaction, nous nous inquiétons de la volonté du ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, de porter atteinte à la liberté de la presse dans le cadre des manifestations.

La volonté exprimée d’assurer la protection des journalistes revient à encadrer et contrôler leur travail. Ce dispositif s’inscrit dans un contexte particulièrement inquiétant avec la proposition de loi sur la sécurité globale qui prévoit la restriction de la diffusion des images de policiers et de gendarmes.

Les journalistes n’ont pas à se rapprocher de la préfecture de police pour couvrir une manifestation. Il n’y a pas d’accréditation à avoir pour exercer librement notre métier sur la voie publique.

Nous refuserons, pour cette raison, d’accréditer nos journalistes pour couvrir les manifestations.

Nous réaffirmons notre attachement à la loi de 1881 sur la liberté de la presse et serons vigilants pour qu'elle soit préservée."

Les signataires

AFP, BFM TV, Le Canard Enchaîné, Charlie hebdo, C News, Courrier International, les rédactions de France Télévisions, le HuffPost, La Croix, La Croix hebdo, La Vie, LCI, Les Echos, L'Express, Le Figaro, Le Figaro Magazine, Le Point,  Le Monde, Le Parisien/Aujourd'hui en France, Libération, L'Obs, M6, Marianne, Mediapart, Télérama, les rédactions de Radio France, RMC, RTL, TF1

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