Les géants du luxe Kering et LVMH propriétaires des plus grands noms de la mode, ont adopté une charte rendue publique mercredi, à la veille de l'ouverture des défilés new-yorkais.

La charte voulue par les plus grandes marques françaises devrait éviter de voir défiler des mannequins aussi maigres que cette jeune femme photographiée à Paris en 2015
La charte voulue par les plus grandes marques françaises devrait éviter de voir défiler des mannequins aussi maigres que cette jeune femme photographiée à Paris en 2015 © AFP / Patrick Kovarik

Depuis mai dernier, les mannequins français et européens qui veulent travaillent dans l’hexagone doivent présenter un certificat médical obligatoire pour attester de leur bonne santé et d'un indice de masse corporelle supérieur à 18. Une avancée importante, mais qui n'empêche pas, en principe, le recours à des jeunes filles Russes ou Américaines. Et surtout, une loi qui ne concerne que la France, même si l'Italie, l'Espagne, la Belgique ou Israël ont mis en place des dispositions semblables.

Le charte "sur les relations de travail et le bien-être des mannequins" voulue par Kering et LVMH, prévoit une série d'engagements destinés à s'appliquer immédiatement et dans le monde entier, lors des séances photos pour des campagnes publicitaires et les défilés des marques détenues par les deux géants. Une liste tellement longue de grands noms de la mode (Gucci, Saint Laurent, Balenciaga, Alexander McQueen, Dior, Vuitton, Givenchy, Céline, Kenzo, Fendi, Loewe, Marc Jacobs, Pucci etc...) qu'elle aura forcement un impact très important. Un effet revendiqué par François-Henri Pinault, PDG de Kering qui explique, par son action, vouloir "inciter au maximum les autres acteurs de la profession à nous suivre".

Les marques détenues par Kering et LVMH s'engagent à ne plus descendre en dessous de la taille 34 pour les femmes et 44 pour les hommes. "Un certain nombre de créateurs faisaient faire leurs prototypes en 32. C'est maintenant terminé, les tailles seront désormais à partir du 34, ce qui est déjà assez petit", a expliqué Antoine Arnault, membre du conseil d'administration de LVMH.

En plus de la maigreur et de l'âge des mannequins qui ne devront pas avoir moins de 16 ans, la charte s'intéresse aux moins de 18 ans pour lesquelles elles prévoit des mesures spécifique, ainsi qu'aux "situations de nudité ou semi-nudité". Des mesures qui ont rencontré des échos positifs dans la mode et auprès des politiques.

L'ancien mannequin Victoire Maçon-Dauxerre, qui avait dans un livre en 2016 dénoncé le diktat de la maigreur, a jugé cette charte "intéressante", "même si une taille 34 reste beaucoup trop maigre pour 1m80".

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