Le Premier ministre et le garde des Sceaux ont visité ce lundi à la maison d'arrêt. Une prison qui connaît depuis des années un réel problème de surpopulation

Près de 70 000 personnes sont incarcérées dans les prisons françaises.
Près de 70 000 personnes sont incarcérées dans les prisons françaises. © Maxppp / Thierry Bordas

Conçue pour accueillir 192 détenus, ils sont aujourd'hui environ 395, pour 98 surveillants. Cela fait un taux de surpopulation carcérale de 206%, l'un des plus élevés de France métropolitaine.

Le 9 juillet dernier, le sénateur maire de Nîmes, Jean-Paul Fournier, avait demandé par courrier au gouvernement "prendre ses responsabilités pour investir dans le Gard". Manuel Valls et Jean-Jacques Urvoas sont donc venus, durant deux heures, constater le problème et s'entretenir avec les gardiens de prison pour les soutenir.

Des surveillants à bout de nerfs.

A Nîmes, les syndicats de gardiens espèrent pour certains l'annonce de l'ouverture d'un nouvel établissement. D'autres attendent l'annoncer d'un agrandissement de la prison, un DAC, Dispositif d'Accroissement de la Capacité, mais en tenant compte que plus de prisonniers ça nécessitera des agrandissements aussi de tous les services. D'autres

Manuel Valls
"395 détenus pour 192 places, il y a une surpopulation particulièrement et des conditions de détention particulièrement critiques. Le gouvernement agit, une étude sur la faisabilité de l’extension de la maison d’arrêt a été lancée. Elles permettront d’apprécier les travaux à envisager pour les conditions de travail garantissant leur sécurité pour les surveillants et une détention digne."

Au delà de Nîmes, le premier ministre a annoncé qu'un plan spécifique, financé, sera présenté à l’automne.

Plusieurs établissement vétustes sont ou vont être réaménagés, et l’ouverture de Beauvais ou Valence. Nous avons créé plus de 1.1000 postes dans l’administration pénitentiaire.

Près de 1.700 détenus dorment sur un matelas à même le sol

Au premier juillet dernier, jamais les prisons françaises n'auront été aussi peuplées. Et le gouvernement n'a toujours pas trouver les moyens d'y remédier. 69.375 personnes sont incarcérées pour 58.311 places, un record absolu. Plus de 15 000 détenus hébergés dans des cellules trop petites et 1.648 d'entre eux dorment sur un matelas à même le sol. 68% de plus que l'an dernier.

Les principales causes de cette hausse historique : les magistrats placent plus souvent les suspects en détention provisoire et hésitent à effectuer des remises en liberté ou des aménagements de peine pour les personnes condamnées.

Le gouvernement souhaite d'un côté la construction de nouvelles prisons, une solution coûteuse qui  entraîne des délais. En attendant, le garde des Sceaux veut convaincre les magistrats d'utiliser les alternatives à l'incarcération, mais le climat sécuritaire du moment n'y contribue guère.

Il y a d'autres petits leviers sur lesquels agir, comme par exemple une meilleure répartition des détenus. Le démographe pénitentiaire Pierre-Victor Tournier relève par exemple que sur la région de Toulouse, dont dépend la maison d'arrêt de Nîmes, il y a 200 places inoccupées dans les centres de détention qui hébergent uniquement des personnes condamnées. La contrôleure générale des prisons Adeline Hazan préconise pour sa part d'établir un numerus clausus pour chaque établissement.

Infographie : le record de surpopulation carcérale a été atteint
Infographie : le record de surpopulation carcérale a été atteint © VisActu
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