« Neyret, il maquereautait nos tontons », m’ont confié plusieurs policiers lyonnais et parisiens, quand on abordait l’épineux cas de l’ex n°2 de la PJ de Lyon. Certes, la barque de l’élégant commissaire est déjà bien chargée, entre les soupçons de corruption et le trafic de stupéfiants mais le maquereautage de tontons n’est pas une infraction pénale (vérifiez sur Légifrance, pas de rubrique maquereautage), juste une indélicatesse envers les collègues. Indélicatesse que l’on pourrait traduire en français non-policier par « Neyret, il préemptait nos sources humaines de renseignements ». Mais c’est moins imagé.

Depuis son retour de la PJ de Nice, en 2007, Michel Neyret était le patron opérationnel de la PJ lyonnaise (après avoir été un chef de service à la BRI, avant de partir pour la Côte d’Azur). An clair, pas d’enquête conduite sous son nom propre, mais une implication, un suivi dans les dossiers des brigades (stupéfiants, criminelle, banditisme, intervention,…). Mais rien n’empêchait Michel Neyret de distribuer à ses subordonnés des tuyaux que son passé, ses fréquentations, sa réputation, son travail lui permettaient de récolter.

Or, ont reconnu plusieurs sources policières, aussi bien à Lyon qu’à Paris, depuis quatre ans, « Neyret, c’était zéro tuyau perso ». En revanche, « dès qu’une affaire sortait, dès qu’un indic nous filait quelque chose, il fallait en référer à Neyret, qui voulait prendre la main ». D’où l’expression « il maquereautait nos tontons ». Quel intérêt ? En sachant qui balance quoi, Neyret pouvait tenir au courant ses amis du Milieu, pour leur éviter des déconvenues. Bien sûr, ceci n’est qu’une hypothèse sans fondement judiciaire. C’est en revanche une certitude partagée par des flics de terrain.

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