La jeune femme, frappée par son harceleur, a ouvert un site pour recueillir la parole des femmes victimes de harcèlement de rue

Grâce à la vidéo, l’agression de Marie Laguerre est devenue un symbole du harcèlement de rue
Grâce à la vidéo, l’agression de Marie Laguerre est devenue un symbole du harcèlement de rue © Maxppp / Le Parisien / Jean Nicholas Guillo

www.noustoutesharcelement.fr, c'est la plateforme lancée par Marie Laguerre, cette jeune fille de 22 ans agressée par un homme dans la rue à Paris qui l'a frappée au visage avec un cendrier après qu'elle a répondu à ses remarques obscènes. 

Les images de la vidéosurveillance ont fait le tour des réseaux sociaux en France et à l'étranger et ont été vues des millions de fois. L’agression s’est déroulée le 24 juillet, depuis Marie Laguerre s'est saisie de cet écho, pour dénoncer le harcèlement de rue. Son but est de recueillir et de publier de nombreux témoignages anonymes de personnes victimes de harcèlement de rue.   

#NousToutesHarcèlement

Les premiers témoignages recueillis ont déjà commencé à être publiés sur la page Facebook "Nous toutes Harcèlement". Pour Marie Laguerre, la libération de cette parole ne fait que commencer et surtout, ce qu'elle veut c'est déconstruire les idées reçues : "Les agresseurs ce ne sont pas des hommes en cagoule au coin d'une rue, qui sont un peu louches, ce sont des hommes parfaitement intégrés dans la société. Je pense que c'est important aujourd'hui aussi de pointer du doigt que ça peut être ton pote, ton frère, ton père ou ton fils, et ce n'est pas facile à accepter. Mais au lieu de les protéger, je pense qu'il faut vraiment  ne peu plus tolérer ces comportements et ça ça passe vraiment par tous les citoyens."

En deux jours, la plateforme #NousToutesHarcèlement a déjà reçu 500 témoignages et plus de 10 000 visites. 

C'est L'association féministe "Les effrontées" qui collecte ces messages. Pour Fatima Benomar, sa co-porte parole, cela va permettre d'avoir une autre analyse que celle des mouvements #MeToo et #BalanceTonPorc : "#MeToo a été beaucoup axée sur le viol et le harcèlement sexuel. C'est important que plusieurs luttes s'organisent. Là ce sont des femmes qui s'emparent du sujet spécifique du harcèlement de rue. Tous ces témoignages nous permettent de nous rendre compte de nouvelles formes de harcèlement. Beaucoup de femmes noires, par exemple, témoignent en disant qu'elle ont des harcèlements de rue spécifiques."

Marie Laguerre devrait lancer, dans les prochains jours, une pétition pour demander au gouvernement de sensibiliser les jeunes au sexisme.

Concernant son agression, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour des faits qualifiés de harcèlement sexuel et violences avec arme.

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