Dans une interview dédiée au "JDD" ce dimanche, la secrétaire d'État à L'Égalité entre les femmes et les hommes a précisé que ce Grenelle se tiendra le 3 septembre et réunira ministres, acteurs de terrain, associations et familles de victimes pour enrayer le problème.

Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, à Bergerac (Dordogne)
Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, à Bergerac (Dordogne) © Radio France / Emmanuel Claverie

Moins de 24h après une manifestation contre les féminicides qui a réuni 2 000 personnes (selon les organisateurs) à Paris, la secrétaire d'État chargée de L'Égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa a annoncé dimanche 7 juillet dans le Journal du dimanche la tenue d'un "Grenelle des violences conjugales" le 3 septembre à Matignon. Une première en France. 

L'occasion de tout mettre sur la table sans tabous

Déclarée grande cause du quinquennat du président de la République, le gouvernement a depuis renforcé la loi, engagé "73 psychologues dans les commissariats", lancé une plateforme de signalement, déboursé "530 millions" d'euros en 2019 pour lutter contre les féminicides. Des mesures listées et défendues par Marlène Schiappa mais qui n'ont pas empêché 74 femmes de mourir sous les coups de leur compagnon depuis le début de l'année. Une inefficacité reconnue par Emmanuel Macron sur les réseaux sociaux.

Une mobilisation nationale

"Hélas, il ne suffit pas de signer un chèque pour qu'il n'y ait plus de féminicides", regrette Marlène Schiappa. Avec le lancement d'un Grenelle des violences conjugales, elle espère mobiliser tout le monde, pour trouver des "solutions encore plus efficaces au plus près du terrain. Il réunira les ministres concernés, acteurs de terrain, services publics, associations, familles de victimes. Le Grenelle est l'occasion de tout mettre sur la table et parler sans tabous."

La secrétaire d'État a donc repris la proposition d'Anne-Cécile Mailfert. La présidente de la Fondation des femmes avait lancé l'idée d'un Grenelle lundi 1er juillet, sur notre antenne.

"Quand on sait que quelqu’un subit des violences conjugales, on doit appeler la police, c’est un devoir citoyen." 

En plus d'un Grenelle tenu début septembre, le gouvernement souhaite lancer une grande consultation citoyenne. Ainsi qu'une campagne de sensibilisation via des clips d'alertes. "Nous avons fait appel à des influenceurs - la romancière Tatiana de Rosnay, l’animateur Christophe Beaugrand, le président du Festival de Cannes Pierre Lescure, la comédienne Vanessa Demouy, la journaliste Daphné Burki, Aurélie Saada du groupe Brigitte, des youtubeurs...", liste Marlène Schiappa.

La secrétaire d'État insiste pour que cette campagne ne s'adresse pas seulement aux femmes mais aussi aux témoins : "Quand on sait que quelqu’un subit des violences conjugales, on doit appeler la police, c’est un devoir citoyen." 

Jeudi 11 juillet, Marlène Schiappa compte recevoir les associations concernées. Le processus se conclura le 25 novembre pour la Journée contre les violences envers les femmes. Afin de réduire le taux de féminicide, la secrétaire d'État n'exclut pas la création de nouveaux circulaires ou projets de loi. Tout en rappelant que la problématique exige un travail interministériel et concerne aussi l'éducation, l'enfance et la santé. "Il faut une mobilisation générale de la société."

Selon le ministère de l'Intérieur, 130 femmes sont mortes en 2017 en France sous les coups de leur compagnon, ex-conjoint ou petit ami. 123 en 2016.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.