Le président de la République se rend à Marseille pendant trois jours avec un plan de grande envergure : des milliards d'euros pour s'attaquer aux problèmes d'éducation, de logement, de transport et de sécurité. Habitués aux promesses, les élus marseillais, marcheurs et opposants, espèrent un vrai suivi.

Emmanuel Macron doit passer trois jours dans la cité phocéenne
Emmanuel Macron doit passer trois jours dans la cité phocéenne © AFP / Xose Bouzas

"Un plan inédit", "du jamais-vu", promettent les proches d'Emmanuel Macron. Dès la fin du conseil des ministres ce mercredi 1er septembre, le président de la République prendra la route de Marseille pour un déplacement de trois jours très attendu, avec un lot d'annonces de grande ampleur : la présentation d'un plan d'envergure pour rénover et moderniser la deuxième ville de France, après un été marqué par les morts du trafic de drogue, dont un ado de 14 ans.

Plus d'un milliard d'euros pour la rénovation des écoles

"Marseille en grand", s'enthousiasme un conseiller de l'Élysée, comme un slogan pour cette visite présidentielle hautement politique. Concrètement, ce sera un plan de plusieurs milliards d'euros, en plusieurs volets. Une partie sera d'abord consacrée à la rénovation des écoles de la ville. Entre 200 et 300 (sur près de 450 établissements) sont dans un état de délabrement avancé, selon le maire de Marseille, Benoît Payan, invité de BFMTV ce mardi. Plus d'un milliard d'euros devrait être consacré à ce chantier. Infiltrations, insalubrité, amiante, le montant de l'enveloppe est nécessaire, souligne l'élu socialiste, pour remettre en état ces écoles.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Réhabiliter les nombreux logements vétustes

Le second chantier concerne le logement. Près de trois ans après le drame de la rue d'Aubagne, et ses huit morts dans l'effondrement de deux immeubles en plein centre-ville, là-aussi, le chef de l'État entend sortir son carnet de chèques. Plusieurs centaines de millions d'euros seront consacrés à un programme de rénovation urbaine et à la lutte contre l'habitat indigne. Un marseillais sur dix serait concerné par la problématique, selon Benoît Payan.

Le métro de Marseille date de 1977 et n'a eu droit qu'à peu d'évolutions
Le métro de Marseille date de 1977 et n'a eu droit qu'à peu d'évolutions © AFP / ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

Plus de transports

En matière de transports, la deuxième ville de France est à la traîne. Son réseau de métro date des années 70 et ne compte que deux lignes pour 860 000 habitants. Un programme de renouvellement du métro marseillais, avec son automatisation, a été lancé en 2015 sous l'impulsion de la Métropole Aix-Marseille-Provence. Les premiers travaux ont démarré cette année pour progressivement rénover les stations et les infrastructures et remplacer les rames obsolètes.

Des investissements de l'État sont attendus pour, au-delà du seul métro, développer l'ensemble des mobilités en commun et douces, les lignes de tramway, le réseau de bus et les pistes cyclables. L'objectif affiché à terme par Emmanuel Macron est le désenclavement des quartiers nord. Après une nouvelle série de règlements de compte cet été, des moyens supplémentaires sont attendus, en plus du renfort de 300 policiers déjà annoncé par le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin.

Une obligation de résultat

Emmanuel Macron veut faire de ce plan un tournant et il veut que cela se voie : pas moins de sept ministres seront à ses côtés, dont Gérald Darmanin, le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer ou encore le Garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti. Mais "attention", prévient un élu marcheur marseillais, des plans pour Marseille, il y en a eu, pour le résultat que l'on connaît. En 2012 par exemple, Jean-Marc Ayrault, alors premier ministre, promettait déjà de "sortir Marseille de ses difficultés". "Alors au-delà des engagements", dit ce marcheur, "il faudra que l'État reste présent pour piloter la façon dont cet argent est utilisé." Pour que ce plan que l'on nous présente déjà comme "historique" soit autre chose qu'un gros chèque.