Le premier adjoint à la mairie de Marseille Benoît Payan réaffirme sur France Inter ce jeudi vouloir un délai de dix jours avant de mettre en place ou pas les nouvelles restrictions. La métropole d'Aix-Marseille a basculé en "alerte maximale" concernant la situation sanitaire liée au Covid-19.

Ce mercredi matin, Benoît Payan a donné une conférence de presse suite aux annonces du ministre de la Santé.
Ce mercredi matin, Benoît Payan a donné une conférence de presse suite aux annonces du ministre de la Santé. © AFP / Christophe Simon

Marseille ne se laisse pas faire. Le premier adjoint Benoît Payan, invité de France Inter ce jeudi, demande au gouvernement "de la concertation" et un délai de dix jours pour surveiller la situation sanitaire dans la ville, avant de décider de l'application des nouvelles mesures restrictives. Mercredi, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a annoncé lors d'une conférence de presse le passage de la métropole d'Aix-Marseille et de la Guadeloupe en "alerte maximale". Le taux d'incidence y est supérieur à 250 pour 100.000 habitants. Le ministre a annoncé la fermeture des bars et restaurants dans ces territoires, ainsi que celle de l'ensemble des établissements recevant du public sauf s'il existe un "protocole sanitaire strict" déjà mis en place.

Un gouvernement qui "tape un grand coup sur Marseille"

Le premier adjoint tempère la situation épidémique. "Les indicateurs à Marseille s'améliorent, on le voit depuis 5-6 jours, la courbe qui s'était stabilisée entame une lente décrue, on ne crie pas victoire du tout, mais on voit bien que toutes les mesures de pédagogie, de restrictions qu'on a prises commencent à porter leurs fruits." Si le nombre de nouveaux cas baisse depuis le 13 septembre dans les Bouches-du-Rhône, le nombre de nouvelles hospitalisations quotidiennes augmente (plus de 50 hospitalisations en moyenne chaque jour) ainsi que le nombre d'admission en réanimation (moyenne lissée sur sept jours). 

"On peut avoir le débat médical ou scientifique, mais vous savez que les gens qui arrivent en réa aujourd'hui ont contracté le virus il y a une quinzaine de jours, et puis ensuite il y a l’aggravation et la réanimation. Les personnes qui ont contracté le virus il y a une quinzaine de jours l'ont contracté pendant la période de pic, entre le 3 et le 9 septembre et c'est tout à fait normal d'avoir aujourd'hui des taux d'entrée en réanimation importants." 

"On a un gouvernement qui sans concertation et discussion avec qui que ce soit prend la décision unilatérale improbable incroyable de taper un grand coup sur Marseille, en disant on va confiner l'économie", ajoute Benoît Payan.

"Nous lui demandons dix jours pour regarder ce qui est en train de se passer"

Le premier adjoint, qui remplace actuellement la maire Michèle Rubiola en convalescence après une hospitalisation, se rendra avec les équipes municipales en préfecture ce jeudi après-midi. Ils demanderont au préfet un délai de dix jours avant de décider de l'application des mesures. "Je ne peux pas imaginer que le gouvernement ne revoie pas sa copie, nous demandons au gouvernement de la concertation", assure Benoît Payan.

"Nous lui demandons dix jours pour regarder ce qui est en train de se passer, pendant lesquels nous continueront de lutter activement contre le virus, et pendant lesquels nous seront attentifs sur la situation sanitaire exacte dans la ville de Marseille. Si ça a évolué, nous prendrons les décisions qui s'imposent, si ça n'a pas évolué alors nous demandons de laisser l'économie vivre, la ville vivre."

Selon Benoît Payan, Marseille est "le territoire le plus testé du pays" avec des tests gratuits tous les jours, dans les eaux usées mais aussi des tests surfaciques dans les écoles. 20 millions de masques ont été commandés et 500.000 distribués indique-t-il. "C'est très facile de basher Marseille, d’exagérer", même si "on est aussi une ville qui a besoin de moyens. Il faut que l'État se donne lui-même les moyens de ses propres ambitions".

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