Dans les quartiers nord de Marseille, des gravats, des pneus, des tôles ou encore des déchets de supermarché sont déposés en pleine rue sur des centaines de mètres.

Le boulevard Frédéric Sauvage dans le 14ème arrondissement de Marseille.
Le boulevard Frédéric Sauvage dans le 14ème arrondissement de Marseille. © Radio France / Isabelle Dor

Inlassablement depuis quelques mois, Jean-Yves Sayag arpente les boulevards Capitaine Gèze et Frédéric-Sauvage, téléphone à la main. Le commerçant-humoriste fait le buzz sur Facebook avec ses vidéos prises dans cette zone industrielle des quartiers nord de la ville de Marseille. Son sujet : les décharges sauvages. Des centaines de mètres de trottoirs de pneus, de gravats, de tôles, de vètements ou encore de déchets de supermarché sillonnent son quartier. "Ça, ça a été déposé cette nuit : du siporex du placoplâtre, ce sont des professionnels qui ont déposé ça. Vous avez également de l'huile, c'est une entreprise juste à coté qui a l'a déchargé, tranquille, devant tout le monde. Là vous avez un carrossier qui dépose toutes les pièces destinées à la poubelle" lance le marseillais.

"Vous attendez quoi pour installer des caméras ?" - Jean Yves Sayag.

Jean Yves Sayag en a marre de voir les rues de son quartier dans cet état et utilise la vidéos pour faire entendre sa colère (et un langage fleuri...). Une indignation partagée puisque ses posts Facebook ont été partagés des milliers de fois. La première vidéo qu'il a tournée au volant de sa voiture sur le boulevard Frédéric-Sauvage, comptabilise plus de 220 000 vues.

Forcément, l'action de ce commerçant-humoriste attire l'attention. Surtout qu'il interpelle directement les autorités dans ses vidéos. Les élus, comme la sénatrice des Bouches du Rhône et Maire du 8e secteur de Marseille Samia Ghali, l'ont invité pour une rencontre.

L'humoriste demande notamment l'installation de caméras.

Il y en a quelques unes dans le secteur depuis un an et les résultats sont là répond Jean Montagnac. Le directeur des territoires à la métropole explique que "depuis le début de l'année, on a trouvé huit personnes à verbaliser et les dossiers sont déposés auprès du Procureur". Si la personne coupable d'incivilité se fait prendre, elle risque une amende de 7 500 euros. En cas de récidive, le contrevenant risque la prison.

Le problème c'est que dès qu'une rue est nettoyée et surveillée, les indélicats déposent leurs gravats dans les rues d'à coté. Mais Jean Yves Sayag ne s'avoue pas vaincu. Le citoyen, heureux de l'attention qu'il reçoit, organise ce jeudi 10 août une rencontre avec d'autres habitants de Marseille, pour trouver ensemble des solutions et des idées pour un grand projet "Propreté".

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