Pour faire face au confinement, certaines communes ou certains départements ont choisi de prendre des mesures particulières ou adaptées aux territoires concernés (zones très fréquentées ou touristiques).

De nombreuses communes ont pris des arrêtés pour, par exemple, restreindre les activités ou obliger les habitants à porter un masque.
De nombreuses communes ont pris des arrêtés pour, par exemple, restreindre les activités ou obliger les habitants à porter un masque. © AFP

Elles sont de plus en plus nombreuses. Certaines communes de France, villes ou villages, ont décidé ces dernières heures, ces derniers jours, de rendre le port du masque obligatoire dans leurs rues, de restreindre les activités extérieures ou les accès aux plages, de mettre en place des couvre-feu. Des mesures locales, à l'échelle de la ville ou du département, qui ont pour certaines reçu l'approbation du gouvernement et dont voici le détail. 

Les masques obligatoires (ou presque)

  • Sceaux : se couvrir le nez et le visage

À Sceaux (Hauts-de-Seine), le maire UDI Philippe Laurent a annoncé lundi avoir pris un arrêté obligeant les habitants de plus de dix ans à se couvrir le nez et le visage avant de sortir, sous peine d'une amende de 38 euros. L'édile, également secrétaire général de l'Association des maires de France (AMF), espère que cet arrêté, le premier à sa connaissance, agira comme une "incitation morale" auprès des autres maires de France.

  • Nice : un masque pour tous

À Nice, le maire LR Christian Estrosi a annoncé que tous les Niçois allaient recevoir d'ici une dizaine de jours "un masque réutilisable pendant un mois", soit la version en tissu et lavable du masque de protection. "Dès lors je pourrai prendre un arrêté qui impose à tous ceux qui seront dehors sur le domaine public" de porter un masque dans les rues de la cinquième ville de France, a détaillé Christian Estrosi sur TF1.

  • Cannes : une "manufacture locale de masques"

Même principe à Cannes : "Avant de rendre obligatoire on s'est assurés de pouvoir fournir", explique à franceinfo le maire David Lisnard. La ville a en effet lancé une "manufacture locale de masques en tissus" avec une dizaine de couturiers. Chaque Cannois sera doté de l'un de ces masques lavables et réutilisables. Là non plus, le maire a bien rédigé un arrêté mais il n'est pas encore promulgué et donc appliqué. 

  • Mandelieu-la-Napoule : même principe qu'à Cannes et Nice

Cette autre ville de la Côte-d'Azur a pris la même décision. Chaque citoyen aura un masque gratuit. L'arrêté obligeant le port du masque sera pris ensuite. Une mesure qui "durera le temps nécessaire à la sortie de cette crise", a assuré le maire Sébastien Leroy sur Twitter.

  • Bordeaux : pas de masque obligatoire finalement

Si le bruit d'une obligation prochaine de porter un masque dans la capitale girondine a couru un temps, c'est faux. "Je ne pense pas qu'un maire ait le pouvoir de police nécessaire pour imposer le port du masque, je pense que cela relève plutôt de l'Etat", a expliqué le maire de Bordeaux Nicolas Florian. "Quand on met en place une interdiction, il faut aussi prévoir une sanction derrière et pouvoir la faire respecter." 800 000 masques ont toutefois été commandés pour les Bordelais et habitants de l'agglomération. 

  • Paris : pas d'obligation mais... 

Si à Paris non plus aucune obligation est en vigueur à Paris, la maire Anne Hidalgo a estimé que chacun doit "avoir une protection, et n’importe quel type de foulard ou de masque est mieux que rien". Elle a annoncé que "deux millions de masques en tissu" allaient être offerts aux Parisiens. Selon Anne Hidalgo, le port du masque devrait devenir obligatoire : "Je pense qu’il faut aller dans ce sens-là", a-t-elle précisé sur franceinfo mardi matin. 

Le jogging et les balades interdites

  • Paris : la maire et le préfet de police serrent la vis 

Pour éviter les images montrant un trop grand nombre de promeneurs dans les rues de la capitale, la maire de Paris Anne Hidalgo et le préfet de police Didier Lallement ont annoncé mardi matin l'interdiction de toute activité sportive individuelle dans la capitale entre 10 et 19 heures à partir de mercredi. Il ne s'agit pas "d'interdire" la pratique sportive mais de "la concentrer sur des horaires où on trouvera moins de monde dans la rue", a précisé Anne Hidalgo sur franceinfo.

  • Île-de-France : même mesure sur le jogging qu'à Paris

Les trois départements voisins de la capitale, des Hauts-de-Seine, du Val-de-Marne et de Seine-et-Marne ont indiqué avoir pris une mesure similaire d'interdiction des activités sportives au coeur de la journée. 

  • Béziers : plus un banc dans la ville

Mesure radicale : constatant un relâchement d'une partie de la population dans le respect du confinement, le maire de Béziers Robert Ménard a fait procéder à l'enlèvement de tous les bancs publics de la ville pour empêcher les gens de s'y asseoir et d'y stationner.

  • Biarritz : un arrêté finalement annulé

La ville de Biarritz avait indiqué avoir interdit par arrêté municipal la "station assise de plus de deux minutes" sur ses bancs afin de rappeler "l'impossibilité de flâner". Le maire Michel Veunac a finalement annulé cet arrêté mardi soir. 

Pas de vacances par temps de confinement

  • Sud-Ouest et Bretagne : les locations interdites dans beaucoup de départements 

De nombreuses communes ou départements ont interdit les locations saisonnières pour limiter l'afflux de potentiels vacanciers et ce jusqu'à la fin de la période des vacances scolaires, comme dans les Landes, les Pyrénées-Atlantiques, la Gironde ou la Charente-Maritime, note Sud-Ouest. C'est aussi la même chose dans de nombreuses communes bretonnes ou sur la Côte d'Azur explique France Bleu

  • Chamonix : comme à la mer, pas de location courte durée

Le maire de Chamonix (Haute-Savoie), Eric Fournier, a pris mardi un arrêté municipal pour interdire les locations de courte durée, comprise entre une nuit et deux semaines, à compter du mardi 7 avril 2020 et jusqu'à la fin de la période de confinement.

Les crachats aussi

  • Marcq-en Baroeul, une amende spéciale

En banlieue de Lille (Nord), la commune résidentielle aisée de Marcq-en Baroeul a décidé d'appliquer une amende aux citoyens qui abandonneraient des masques ou des gants, éternueraient sans se couvrir le visage ou cracheraient sur la voie publique. Le montant a été fixé à 68 euros. L'arrêté a été pris le 2 avril.  

Des communes avaient déjà imposé un couvre-feu

Avant ces nouvelles mesures locales, de nombreuses communes et le département des Alpes-Maritimes avaient pris des mesures pour imposer un couvre-feu à leurs habitants, comme nous l'expliquions avec cette carte. Il s'agissait notamment de la commune de Mulhouse, l'un des épicentres de l'épidémie en France ou de grandes villes comme Nice, Montpellier, Perpignan ou Béziers. 

Depuis plusieurs semaines, l'accès aux plages est aussi interdit sur tout le littoral comme l'indique France Bleu pour les zones méditerranéennes ou atlantique

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