Orthez ide
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Une anesthésiste de la maternité d'Orthez (Pyrénées-Atlantiques) impliquée dans le décès d'une jeune femme de 28 ans lors de son accouchement par césarienne, a été mise en examen jeudi pour homicide involontaire et placée en détention provisoire.

A la suite d'une plainte du père, le parquet de Pau a ouvert une enquête qui a conduit au placement en garde à vue, mercredi, de l'anesthésiste. La praticienne de 45 ans d'origine belge avait été recrutée l'été dernier. Elle a reconnu souffrir d'"alcoolémie chronique".

Le procureur a demandé son placement en détention. Elle devait être présentée jeudi après-midi au Juge de la liberté et de la détention.

Le procureur Jean-Christophe Muller a expliqué que

Lorsque ce médecin a été convoqué pour être entendu par la gendarmerie, elle avait un taux d'alcoolémie de 2,18 grammes d'alcool par litre de sang. Elle a reconnu avoir des problèmes d'alcoolémie chronique. L'information judiciaire confiée à un juge d'instruction permettra de dire si elle était sous l'emprise de l'alcool au moment des faits.

Le médecin a raconté son alcoolisme au quotidien, sa bouteille d'eau remplie à moitié de vodka et le fait que les autres membres du bloc avaient remarqué son état.

Les explications de Daniel Corsand

Le chef d'"homicide volontaire" est donc aggravé du chef de "violation manifestement délibérée d'une obligation de prudence et de sécurité", qui peut valoir jusqu'à cinq ans d'emprisonnement.

L'anesthésiste, qui avait effectié des contrats courts en France et Belgique et en coopération, exerçait à titre libéral, pour le compte d'une clinique privée de la villedepuis la mi septembre. La clinique mettait à disposition son bloc chirurgical et du personnel à la maternité voisine qu relève de l'hôpital public.

L'avenir de l'établissement paraît fortement compromis

L'Agence régionale de santé (ARS) d'Aquitaine avait annoncé lundi la fermeture temporaire de la maternité, déjà en sursis faute de gynécologues-obstétriciens suffisants. Quelque 800 personnes ont manifesté samedi dernier -avant que l'accident soit connu- pour réclamer son maintien, mais jeudi matin, le directeur de l'ARS Aquitaine Michel Laforcade, qui avait diligenté une enquête, a expliqué sur France Bleu Béarn son souhait de voir le service définitivement fermé.

La ministre de la Santé Marisol Touraine a expliqué devant la presse :

C'est une maternité pour laquelle des réflexions étaient engagées. Donc l'avenir de cette maternité dépendra des analyses qui pourront être faites et réalisées à partir de cet accident. Il faut évidemment pouvoir garantir l'accès des femmes dans les meilleures conditions possibles, c'est-à-dire dans les conditions de proximité, mais cela ne peut jamais se faire au détriment de la sécurité.

Comme la règlementation le prévoit, une commission spécialisée se réunira vendredi pour prendre la décision.

Le collectif de défense de la maternité d'Orthez craint que l'ARS "profite de cette situation pour décider de la fermeture de la maternité".

Même son de cloche du coté de la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité. La aussi on parle d'amalgame.

Pour Jean-Luc Landas, le vice président de ce collectif, il s'agit d'un problème individuel, et on l'utilise comme prétexte pour réduire encore plus l'offre de soins de proximité.

C'est une faute individuelle et pas d'organisation du service

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