Le photoreporter Mathias Depardon, retenu en Turquie depuis un mois, a pu recevoir la visite de sa mère ce jeudi. Elle se confie sur leur entrevue.

La campagne pour la libération de Mathias Depardon
La campagne pour la libération de Mathias Depardon © Reporters Sans Frontières

Cela fait un mois que le Français Mathias Depardon est retenu dans un centre dépendant des affaires migratoires de la Turquie, dans le sud-est du pays. Le photographe a pourtant fait l'objet d'un avis d'expulsion du pays quatre jours après son arrestation.

"Je ne voulais lui donner que du positif"

Jeudi, le photographe a pu recevoir la musique de sa mère. Jusqu'au dernier moment jeudi, Danièle Van de Lanotte n'a pas été sûre d'obtenir l'autorisation d'entrer. Mais finalement tout s'est bien passé. A la sortie de sa rencontre, du haut de son mètre cinquante-cinq, cette petite femme frêle en tremblait encore. Elle a pu passer une heure et dix minutes dans le hall du centre de rétention administrative de Gaziantep, à 1.100km d'Istanbul, où plus un journaliste étranger n'ose mettre les pieds depuis un mois.

"J'avais le coeur très serré, je ne voulais pas le lui montrer, je ne voulais lui donner que du positif", raconte-t-elle. "Mathias est arrivé, il a dit 'Salut m'man', et les larmes ont coulé, il était très ému, moi aussi". Quel est son état de santé, un mois après son arrestation ? "Il va un peu moins bien qu'il y a un mois, c'est clair, mais je crois qu'il va tenir, même s'il a perdu un kilo ou deux*. Je l'ai tenu dans mes bras et... ça va bien, je trouve".

La mère de Mathias Depardon aux côtés de Christophe Deloire, secrétaire général de RSF
La mère de Mathias Depardon aux côtés de Christophe Deloire, secrétaire général de RSF © AFP / BULENT KILIC

Un préjudice pour l'image de la Turquie

Le photographe de 37 ans aimerait toutefois être en contact avec d'autres détenus parlant au moins l'anglais, qu'on lui accorde une sortie quotidienne qui dure davantage que 15 minutes, et bien sûr que très vite on le libère.

Pour Christphe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières, qui lui aussi a fait le déplacement à Gaziantep avec la mère de Mathias Depardon, la Turquie n'a rien à gagner dans cette affaire : "D'abord parce que c'est un préjudice pour son image internationale, mais aussi un préjudice pour tous ceux qui sont attachés à la stabilité de la région", explique-t-il. Et de conclure : "Ce que nous attendons, c'est qu'enfin, dans quelques heures, Mathias Depardon retrouve la liberté dont il n'aurait jamais dû être privé".

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